Il y a exactement 70 ans, c’était la Nakba, le nettoyage ethnique, l’expulsion programmée et réalisée par la violence de la majorité du peuple palestinien de sa terre, la transformation de ce peuple en peuple de réfugiés.

Depuis, on a promené les Palestiniens avec un pseudo « processus de paix » qui a essentiellement servi à permettre aux gouvernements israéliens successifs d’accélérer le rouleau compresseur colonial, d’exiger de l’occupé qu’il assure la sécurité de l’occupant et de fragmenter un peu plus la Palestine. Les dirigeants sionistes ont toujours rêvé de transformer les Palestiniens en Amérindiens du Proche-Orient, enfermés dans leurs réserves.
 
Les Palestiniens ne demandent pas la lune : ils aspirent à la liberté (fin de l’occupation, de la colonisation et du blocus de Gaza, destruction du mur, libération des prisonniers), à l’égalité des droits et à la justice : le droit au retour des réfugiés et de leurs descendants chez eux.
Le crime fondateur de cette guerre, c’est la Nakba. Le droit au retour des réfugiés est logiquement devenu la revendication emblématique.
 
Gaza est une prison à ciel fermé, bouclée par terre, par mer et par mer. 65% de la population a moins de 25 ans et n’est jamais sorti de cette cage de 40 Km sur 10.
Je suis juif. Mon père a été déporté et ma famille maternelle exterminée. Gaza n’est pas un camp d’extermination, mais c’est incontestablement un camp de concentration. L’occupant tire impunément sur une population désarmée qui s’approche des grilles de ce camp. N’écoutez pas les balivernes sur le Hamas qui manipulerait Gaza : c’est toute la société civile qui manifeste son refus d’être en cage et son aspiration au retour.
 
Il y a 70 ans, les sionistes proclamaient la création d'un État juif dont tous les textes, dès le départ, ont été discriminatoires contre les non-juifs : discrimination au travail, au logement et à la possession de la terre pour la petite minorité qui a échappé à l’expulsion. Et pour les expulsés, confiscation de la terre, destruction de plusieurs centaines de villages palestiniens dont les traces ont été effacées et violation flagrante de la résolution 194 de l’ONU sur le retour de ces réfugiés. Dès sa fondation, Israël s’est comporté en Etat voyou impuni.
 
70 ans plus tard, il était logique qu’Israël ait un gouvernement fascisant du même type que ce que la France aurait eu si l’OAS avait gagné la guerre d’Algérie. Les mots qui caractérisent Israël sont racisme et apartheid. Les criminels Nétanyahou, Lieberman, Bennet, Shaked se croient invulnérables parce qu’un soudard, Donald Trump, est au pouvoir à Washington et a transféré son ambassade à Jérusalem.
Ces criminels ont annoncé qu’ils allaient faire un bain de sang à Gaza et ils l’ont fait : 59 morts hier, près de 150 depuis le 30 mars. Ils ont tiré sans vergogne sur des manifestants désarmés. L’utilisation systématique d’armes terribles transforme les blessés qui ont survécu en estropiés à vie.
 
Ils croient que le rapport de force leur permet tout. Nous allons leur montrer le contraire. Avec la rage et la colère contre ces criminels impunis, nous allons plus que jamais soutenir le peuple palestinien parce que ce qui se joue là-bas, c’est l’avenir de l’humanité. L’État d’Israël est devenu un laboratoire de l’enfermement et de la surveillance des populations jugées dangereuses. 
 
Des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité viennent d’être commis. Ils étaient annoncés à l’avance et aucun grand de ce monde n’a essayé de les empêcher. La communauté internationale accepte qu'il n'y ait pas d'enquête indépendante. Nous exigerons sans relâche que les responsables de ces crimes soient jugés et condamnés. Nous allons généraliser le BDS (boycott, désinvestissement, sanctions) contre l’État d’Israël tant qu’il ne se conformera pas au droit international.
 
Nous allons porter notre effort contre les complices du crime en cours : les différents gouvernements français appuient le gouvernement israélien, coopèrent avec lui y compris sur le plan militaire, et essaient de criminaliser le BDS. C’est à nous, société civile, de les obliger à cesser cette complicité et à sanctionner Israël. 
 
Nous devons aussi dénoncer les alliés de Nétanyahou. Trump bien sûr qui met le feu à la planète mais aussi les dirigeants de pays arabes (Arabie Saoudite, Égypte) dont le comportement est un coup de poignard dans le dos des Palestiniens.
 
Parce que je suis juif, je terminerai en m’adressant aux Juifs de France : vous craignez une montée de l’antisémitisme ? Rompez clairement avec une politique israélienne qui n’est pas seulement criminelle contre les Palestiniens. Elle nous met sciemment en danger et est suicidaire. Renouez avec la longue tradition juive qui a considéré  que la lutte pour notre émancipation passait par l’émancipation de toute l’humanité. Il n’y a pas d’alternative au « vivre ensemble dans l’égalité des droits »
Pierre STAMBUL, Union Juive Française pour la Paix
le 15 mai 2018
 

A noter encore: Le livre « La Nakba ne sera jamais légitime » de Pierre Stambul, éditions Acratie

185 pages, 14 eurosVient de sortir.

Il sera disponible en librairie début juillet. Mais on peut déjà le commander et le recevoir par la poste.

Chèque de 12 euros (port compris) à l’ordre d’Acratie. Indiquer clairement son adresse.

AcratieL’Essart86310, La Bussière.

Pour les achats groupés, écrire à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

L’humanité de demain se construit par l’accueil des migrants aujourd’hui!

En cette journée internationale des migrants, nous pensons à ces milliers d’enfants, de femmes et d’hommes qui ont péri en Méditerranée, dans le désert, ou en captivité, alors qu’ils avaient entrepris un voyage pour une vie meilleure, plus sûre et plus digne, comme tout être humain peut la désirer. Hommage à tous ces exilés qui ont dû risquer leur vie à cause de plusieurs décennies de politiques des pays les plus riches qui ont rendu les routes de l’exil impraticables et périlleuses. En cette journée mondiale des migrants, nos pensées se portent également vers tous et toutes ces citoyens et citoyennes engagé⋅e⋅s qui, en France, en Europe et dans le monde, pensent qu’accueillir les personnes migrantes, manifester de la solidarité envers elles, c’est construire l’humanité d’aujourd’hui et le monde de demain.

Contre la guerre et l'état de guerre permanent, construire la paix maintenant !

Notre pays serait en paix, nous dit-on! Une paix, ajoute-t-on, à mettre au crédit de l'Union européenne. Cette institution ultra- libérale a un bilan si décrié qu'il lui faut bien tenter de redorer son blason.

En paix donc, voire ? Sans oublier pourtant, par respect pour nos Anciens et leurs combats, que ma génération est sans doute la première à ne pas avoir été concrètement frappée par la guerre. Une paix toute relative certes et cependant un grand bonheur que de vivre en paix, je ne l’oublie pas pour ma part. Notre pays en paix : la réalité est cependant tout autre: Pour ne retenir que le cas de notre pays, depuis les indépendances, la France est intervenue militairement à 58 reprises dans 23 pays d'Afrique pour diverses raisons toutes qualifiées de nobles: "respect des accords de défense", "protection de nos ressortissants", “maintien de la stabilité face au risque du chaos", "sécuriser un processus électoral" et le dernier avatar "l'ingérence humanitaire"... Mais quel que soit la zone géographique, on constate le même interventionnisme belliciste, le plus souvent sous l'égide de l'OTAN et des Etats Unis.

 Le 7 décembre 2017 par le Bureau national de l’UJFP

Ils disposent de la force, ils croient être les maîtres du monde.

Ils procèdent par la violence, par le fait accompli permanent, par le franchissement des lignes.

Ils disent haut et fort : « le droit international, on s’en fout ».

Pour bien marquer le nouvel ordre mondial qu’ils veulent imposer, ils ont déjà quitté l’UNESCO.

En affirmant que Jérusalem, dont l’occupation depuis 1967 a été déclarée illégale par tous les textes internationaux, est la capitale d’Israël, Trump relance la guerre et flatte sa base électorale chrétienne sioniste à laquelle il doit beaucoup.

Mon Cher Claude, mon Ami, mon Camarade,

J’aurai tant aimé savoir et pouvoir cultiver mieux et davantage notre belle amitié comme on cultive son jardin pour récolter et offrir nos plus beaux fruits et légumes. Le temps, le destin, la vie… que sais- je ? Cette putain de maladie plus sûrement ne nous en aura pas laissé le temps. On s’est laissé surprendre, c’est qu’il y a tant à faire à qui se veut attentif et utile aux autres, et on n’a pas fait assez gaffe au cours de la vie qui s’écoule et qui peut s’interrompre bien plus vite qu’on ne le croit et l’espère. Cependant nous avons parcouru ensemble des bouts de chemin qui demeureront pour moi à tout jamais inoubliables et parmi les plus beaux. Des bouts de chemin dont nous serons fiers et heureux à tout jamais.

Septembre 2004, une lutte exemplaire se déroule dan l’Oise en soutien aux Sans Papiers, à leurs côtés nous luttons pour leur régularisation. Indignés par un Etat qui trahit les valeurs républicaines et s’acharne sur des malheureux en détresse sollicitant notre solidarité, les militants de Solidarité Migrants décident de travailler à un parrainage républicain afin de redonner sens à la République bafouée. Immédiatement je pense à toi, Claude, alors Maire de cette petite commune du plateau picard, Montiers. Avant de te téléphoner, j’avais préparé un petit argumentaire, plusieurs “bonnes raisons” susceptibles de te convaincre. Je dus froisser mon petit papier et le jeter car il ne me servit à rien, ta réponse fut en effet immédiate : “Evidemment ! Avec fierté et bonheur !” Et toi de me remercier d’avoir pensé à toi.