Contre la guerre et l'état de guerre permanent, construire la paix maintenant !

Notre pays serait en paix, nous dit-on! Une paix, ajoute-t-on, à mettre au crédit de l'Union européenne. Cette institution ultra- libérale a un bilan si décrié qu'il lui faut bien tenter de redorer son blason.

En paix donc, voire ? Sans oublier pourtant, par respect pour nos Anciens et leurs combats, que ma génération est sans doute la première à ne pas avoir été concrètement frappée par la guerre. Une paix toute relative certes et cependant un grand bonheur que de vivre en paix, je ne l’oublie pas pour ma part. Notre pays en paix : la réalité est cependant tout autre: Pour ne retenir que le cas de notre pays, depuis les indépendances, la France est intervenue militairement à 58 reprises dans 23 pays d'Afrique pour diverses raisons toutes qualifiées de nobles: "respect des accords de défense", "protection de nos ressortissants", “maintien de la stabilité face au risque du chaos", "sécuriser un processus électoral" et le dernier avatar "l'ingérence humanitaire"... Mais quel que soit la zone géographique, on constate le même interventionnisme belliciste, le plus souvent sous l'égide de l'OTAN et des Etats Unis.

COMMUNIQUE DE PRESSE

FAIRE BARRAGE AU FN

 
La candidate du Front national, du chauvinisme et de la xénophobie réunis est donc présente au second tour de l’élection présidentielle.


Une large partie de sa démagogie est fondée sur la dénonciation violente et rabâchée des prétendus méfaits de l’immigration rendue responsable du chômage, du mal-logement, de l’insécurité, du terrorisme et on en passe. Ses propositions sont terrifiantes : interdiction (baptisée moratoire) de toute migration pendant trois mois pour commencer, solde migratoire annuel ramené à 10 000, obligation pour les immigrés de cotiser pendant 5 ans avant d’avoir droit à la moindre prestation sociale, suppression de l’Aide Médicale d’Etat, interdiction de toute scolarité pour les enfants de sans-papiers, obligation pour les étrangers de payer pour scolariser leurs enfants, déchéance de nationalité et expulsion pour les fichés S mais aussi pour certains délinquants…


Bien évidemment –et heureusement !– bon nombre de ces mesures sont en fait inapplicables. Elles ne sont en réalité mise en avant que pour alimenter le discours démagogique de l’héritière de Jean-Marie Le Pen, piper le maximum de voix racistes et celles de tous ceux qui cherchent des boucs-émissaires pour expliquer les injustices qui les frappent. Ce discours a aussi pu se nourrir des renoncements et des reniements du quinquennat Valls-Hollande, dont le candidat Macron est également comptable : poursuite de l’enfermement des enfants de sans-papiers, expulsions d’élèves ou de leurs parents, abandon du droit de vote des résidents étrangers aux élections locales, persistance du « délit de solidarité », durcissements de la législation…


En conséquence, il est pour le Réseau Education sans frontières non seulement inenvisageable que Le Pen soit élue, mais aussi nécessaire que son score soit le plus faible possible.


Nous appelons à faire barrage à l’héritière de Le Pen et au FN en mettant un bulletin Macron dans l’urne et en participant massivement aux manifestations, à commencer par celles du 1er mai 2017 (précédée à Paris d’un rassemblement à 11h au pont du Carrousel en commémoration du meurtre de Brahim Bouarram par des militantEs d’extrême-droite en 1995).

le RESF - 29 avril 2017

Mon Cher Claude, mon Ami, mon Camarade,

J’aurai tant aimé savoir et pouvoir cultiver mieux et davantage notre belle amitié comme on cultive son jardin pour récolter et offrir nos plus beaux fruits et légumes. Le temps, le destin, la vie… que sais- je ? Cette putain de maladie plus sûrement ne nous en aura pas laissé le temps. On s’est laissé surprendre, c’est qu’il y a tant à faire à qui se veut attentif et utile aux autres, et on n’a pas fait assez gaffe au cours de la vie qui s’écoule et qui peut s’interrompre bien plus vite qu’on ne le croit et l’espère. Cependant nous avons parcouru ensemble des bouts de chemin qui demeureront pour moi à tout jamais inoubliables et parmi les plus beaux. Des bouts de chemin dont nous serons fiers et heureux à tout jamais.

Septembre 2004, une lutte exemplaire se déroule dan l’Oise en soutien aux Sans Papiers, à leurs côtés nous luttons pour leur régularisation. Indignés par un Etat qui trahit les valeurs républicaines et s’acharne sur des malheureux en détresse sollicitant notre solidarité, les militants de Solidarité Migrants décident de travailler à un parrainage républicain afin de redonner sens à la République bafouée. Immédiatement je pense à toi, Claude, alors Maire de cette petite commune du plateau picard, Montiers. Avant de te téléphoner, j’avais préparé un petit argumentaire, plusieurs “bonnes raisons” susceptibles de te convaincre. Je dus froisser mon petit papier et le jeter car il ne me servit à rien, ta réponse fut en effet immédiate : “Evidemment ! Avec fierté et bonheur !” Et toi de me remercier d’avoir pensé à toi.

« Dans un ouvrage obscur, une certaine Hannah a un jour écrit, que "politiquement, la faiblesse de l’argument du moindre mal a toujours été que ceux qui choisissent le moindre mal oublient très vite qu’ils ont choisi le mal ", souvenons nous-en.

Fraternellement,

 

Louise G. V »

 

« En 2002, à regret, honteux, j'ai voté Chirac. Je l'ai entendu dire qu'il nous était redevable, à nous qui avions encore les marques de la pince à linge sur le nez. Et oublier dès après son engagement de gratitude.

Je me suis promis ensuite de ne plus jamais céder aux sirènes du "vote barrage au FN".

Là, au premier tour, plein d'espoir, j'ai voté Mélenchon.

Le soir des résultats, triste et déçu, j'ai réaffirmé ma promesse de ne plus me faire avoir comme en 2002, que le second tour se jouerait sans moi, égoïstement.

Et puis j'ai vu à la télé, entendu sur les radios, Macron et Le Pen.

Je me suis dit qu'il était creux, prétentieux, égocentrique, peureux, et piètre orateur.

Je me suis qu'elle était retorse, menteuse avec art et aplomb, débatteuse de talent, oratrice charismatique.

Je me suis dit que le danger était là. Vraiment. Que l'ogresse ne ferait qu'une bouchée du petit marquis infatué. Et que se préparait pour mes petits enfants un monde de cauchemar.

Pour eux, et toute la jeune génération, avec un désespoir profond, moi aussi je suis revenu sur la promesse que je m'étais faite solennellement.

Je voterai Macron.

La pince à linge est prête.

Claude DEBAYE »