Dans son numéro 161 daté de mai/ juin 2016, Le CHAHUT publiait un entretien avec une Camarade ayant longtemps vécu et lutté en Guadeloupe. (1) Son constat était sans ambiguïté, la situation de ce territoire relève du néo- colonialisme. La même affirmation peut être proclamée au sujet de la Guyane. On n'y retrouve en effet tous les ingrédients structurels du colonialisme:


- une appropriation et une exploitation de ce territoire;
- un sous- développement profond conséquence d'un modèle économique entièrement voué au service de la métropole. Ainsi tout développement local par la mise en valeur des ressources propres, leur transformation et tout échange avec les pays et territoires sud- américains voisins sont- ils proscrits. Il faut savoir, pour donner cette seule illustration, que la Guyane implantée au coeur d'une des forêts les plus luxuriantes de la planète importe tout le bois dont elle a besoin! 
- des inégalités abyssales illustrées, par exemple, par l'image de la fusée Ariane, trésor de technologie, débutant ses voyages vers l'espace par le survol de bidonvilles. Mais on pourrait parler aussi de l'état désastreux, pour ne pas dire davantage, de l'ensemble des Services Publics dont ceux de l'éducation et de la santé. 
Mais au- delà de ces constats terribles et intolérables et malgré les contradictions propres à ce mouvement massif (2), les guyanais nous offrent une autre leçon: les luttes ne doivent admettre aucune parenthèse électorale car ce serait céder aux sirènes de promesses qui ne seront dans l'immense majorité des cas jamais tenues! Et même si elles étaient révolutionnaires et que les élus avaient la ferme intention de les respecter, il faudrait encore et toujours de fortes mobilisations populaires pour les imposer tant, comme on a pu le constater en Grèce, l'ensemble des institutions du capitalisme se déchaîneraient alors pour les rejeter. L'histoire est là d'ailleurs pour nous en apporter la preuve, aucune avancée sociale et économique n'a jamais été possible sans des luttes acharnées. Merci au peuple guyanais de nous le rappeler!
(1) Nous avons repris cet entretien sur notre site dans la rubrique "Archives" puis "archives du journal": ne manquez pas de vous y plonger et de le faire découvrir autour de vous.
(2) On ne peut que se questionner en effet sur la présence du MEDEF dans les collectifs animant cette lutte, de même sur certaines revendications comme entre autres la création d'une nouvelle prison...

Beauvais, le 10  avril  2017