Résistance, résistance!...

 

 

Alors que le mouvement des Gilets Jaunes ne veut pas s’éteindre, que depuis plusieurs semaines, les mobilisations contre les réformes Blanquer et la réforme de la Fonction publique s’amplifient, la répression se généralise de manière particulièrement inquiétante. 

 

• Sur nos lieux de travail 

Tentatives de musellement 

L’article 1 du projet de loi Blanquer vise à museler les enseignantEs.

Mais cet article n’est- il pas déjà en oeuvre:

Plusieurs directeurs et directrices d’école ont ainsi été la cible de leur hiérarchie. Le dernier cas en date est celui d’un directeur d’école de Lodève, qui a reçu une lettre de menaces de l’administration pour avoir signé une tribune contre la loi Blanquer et avoir répondu aux questions de journalistes ?

Etc, etc…

 

• Dans la rue 

La répression policière du mouvement social s’amplifie, tant à l’égard spécifiquement des lycéen-ne-s mobiliséEs et matraquéEs, voir parquéEs à genoux les mains sur la tête comme à Mantes-la-Jolie qu’à l’égard de l’ensemble de celles et ceux qui prennent part aux mouvements en cours pour la justice sociale. 

A Nice, il y a eu la militante d’ATTAC, Geneviève LEGAY, gravement blessée; le 9 mai un Camarade, Responsable de la FSU, Olivier SILLAM, violemment interpelé, placé en garde à vue et mis en examen! Il y a quelques jours une militante FO et son compagnon interpelés, mis en examen… pour avoir porté une pancarte!…

Dans l’Oise aussi, des Gilets Jaunes sont inquiétéEs, harceléEs, passeront en jugement…

Sans oublier cette ahurissante histoire concernant le commissariat de Creil (60) révélée dans Le Courrier Picard du 14 mai!

Véritablement, il faut stopper ça!…

On ne compte plus les blesséEs, mutiléEs par la police depuis le début du mouvement des gilets jaunes. Lors de la manifestation du premier mai, le cortège des syndicats a dû résister à une attaque en règle de la police. La loi “anti-casseurs” récemment promulguée s’ajoute à l’arsenal judiciaire déployé pour réprimer toute contestation et criminaliser le mouvement social. 

Avec beaucoup d’autres, Le CHAHUT revendique :
— le retrait du projet de loi « anti-manifestation » ;
— l’abandon des poursuites à l’encontre des victimes de la répression policière et leur indemnisation ;
— l’interdiction des armes mutilantes (LBD 40, grenades de désencerclement...) ;
— l’arrêt et la fin de l’impunité des violences policières

RESISTANCE, RESISTANCE !…


Beauvais, le 4 mai  2019

 

 Quand notre pays traverse une crise sociale particulièrement aiguë, qu’animer un ministère, une grande cause… devrait passionner, être considéré comme une tâche exaltante…  deux ministres ont dû être exfiltés car n’ayant plus en tête que la mairie de Paris! D’où ce mini remaniement ministériel qui a vu Macron se recroqueviller de plus en plus sur son riquiqui royaume.
Voici qui est une preuve de plus, s’il en fallait, pour nous convaincre que Macron est bien un représentant de la droite la plus dure et... bête.

Ah! Le malin! Quand la colère gronde, que la révolte a pris possession de la rue… que les inégalités et l’absence d’espoir ont fait reculer la résignation et le fatalisme… mais encore que le trouillomètre des possédants est largement passé dans le rouge… proposer un « grand débat » pour gagner du temps, faire tomber la tension, compter sur la lassitude et la naïveté de quelques- uns… en voici une idée GENIÂÂÂLE! C’est que bien- sûr il n’est pas question de lâcher quoi que ce soit. Et puis il y a tous ces privilèges sonnants et trébuchant à se partager, les cadeaux aux copains comme cochons à préserver, des rentes de situation dont on n’est pas prêt de se passer, ni même de les voir rognées si peu que ce soit.

Je ne participerai pas au "grand débat"! Cela même si je comprends le besoin fort des Citoyens d'exprimer leurs colères et leurs aspirations et pense que ce "déballage" est une bonne chose qui illustre le recul de la résignation. 

Mais au moins aurait- il fallu exiger trois conditions préalables:

- que cesse cette incroyable répression à laquelle se livre le pouvoir; on ne débat pas un révolver sur la tempe et en recevant des coups;

- que soient stoppées toutes ces contre- réformes du gouvernement (loi anti casseurs, casse de la fonction publique, contre- réforme du Bac et du Lycée, des retraites, de l'Assurance chômage, etc...) qui non seulement se poursuivent mais s'accélèrent;

- que ne soit proclamé aucun tabou: aucune mesure du début de quinquennat ne devrait être exclue d'une remise en cause et la politique menée par Macron, qui est de fait condamnée, doit radicalement changer de cap!

Qui peut douter que le "grand débat" sera une mascarade pour gagner du temps, endormir... et amuser la galerie. Amuser la galerie au sens propre du terme puisqu'à deux occasions déjà nous avons pu voir le monarque Macron faire le show pendant des heures, apporter réponses et éclaircissements à ses propres questions devant des maires et des médias scrupuleusement choisis et donc ébahis. 

Le cadre avait été fixé d'emblée: pas question de "détricoter" ce qui a été fait depuis le début du quinquennat et quoiqu'il arrive le cap sera gardé puisqu'il est le bon, voire, nous dit- on, le seul possible. 

 

Significatifs d'ailleurs les deux thèmes qui ont émergés: d'un côté, l'ISF (Impôt sur les grandes fortunes) ne sera pas rétabli. Pourtant quoiqu'on nous dise, il demeure un impôt juste et rentable (environ 4 milliards quand les fuites n'ont entraîné que moins d'1 milliard de manque à gagner).
De l'autre, la possibilité ouverte de revenir sur la limitation à 80 km/ h sur les routes secondaires!
De qui se moque-t-on ?
Demeurez pauvres, méprisés, exploités... Soyez victimes du chômage, de la précarité, du burn- out, du mal logement, de discriminations, de la mal bouffe, de l'assignation à origine et à résidence... mais on s'apprête à vous offrir le droit, que dire le privilège, de vous exploser sur une route secondaire à 90 km/ h!
Le pied, l'extase! Avec Macron, le nouveau monde est de retour chaque matin. 

 

Beauvais, le 24  janvier 2019