Je ne participerai pas au "grand débat"! Cela même si je comprends le besoin fort des Citoyens d'exprimer leurs colères et leurs aspirations et pense que ce "déballage" est une bonne chose qui illustre le recul de la résignation. 

Mais au moins aurait- il fallu exiger trois conditions préalables:

- que cesse cette incroyable répression à laquelle se livre le pouvoir; on ne débat pas un révolver sur la tempe et en recevant des coups;

- que soient stoppées toutes ces contre- réformes du gouvernement (loi anti casseurs, casse de la fonction publique, contre- réforme du Bac et du Lycée, des retraites, de l'Assurance chômage, etc...) qui non seulement se poursuivent mais s'accélèrent;

- que ne soit proclamé aucun tabou: aucune mesure du début de quinquennat ne devrait être exclue d'une remise en cause et la politique menée par Macron, qui est de fait condamnée, doit radicalement changer de cap!

Qui peut douter que le "grand débat" sera une mascarade pour gagner du temps, endormir... et amuser la galerie. Amuser la galerie au sens propre du terme puisqu'à deux occasions déjà nous avons pu voir le monarque Macron faire le show pendant des heures, apporter réponses et éclaircissements à ses propres questions devant des maires et des médias scrupuleusement choisis et donc ébahis. 

Le cadre avait été fixé d'emblée: pas question de "détricoter" ce qui a été fait depuis le début du quinquennat et quoiqu'il arrive le cap sera gardé puisqu'il est le bon, voire, nous dit- on, le seul possible. 

 

Significatifs d'ailleurs les deux thèmes qui ont émergés: d'un côté, l'ISF (Impôt sur les grandes fortunes) ne sera pas rétabli. Pourtant quoiqu'on nous dise, il demeure un impôt juste et rentable (environ 4 milliards quand les fuites n'ont entraîné que moins d'1 milliard de manque à gagner).
De l'autre, la possibilité ouverte de revenir sur la limitation à 80 km/ h sur les routes secondaires!
De qui se moque-t-on ?
Demeurez pauvres, méprisés, exploités... Soyez victimes du chômage, de la précarité, du burn- out, du mal logement, de discriminations, de la mal bouffe, de l'assignation à origine et à résidence... mais on s'apprête à vous offrir le droit, que dire le privilège, de vous exploser sur une route secondaire à 90 km/ h!
Le pied, l'extase! Avec Macron, le nouveau monde est de retour chaque matin. 

 

Beauvais, le 24  janvier 2019

Le “grand débat” est censé mettre fin à la profonde crise sociale que rencontre notre pays. Une vaste escroquerie, il va de soi! Macron et ses sbires ont en effet déclaré qu’il état hors de question de “détricoter” toutes les mesures et contre- réformes adoptées depuis le début de leur règne mais encore qu’ils "garderaient le même cap” puisque leur politique est censée être la bonne et l’unique possible!

“ Je m’voyais déjà ” (Aznavour)

En effet, ils s’y voyaient déjà, Macron et ses petits barons: élu président de la République, hégémoniques à l’Assemblée Nationale, la gauche et la droite agonisantes, les syndicats affaiblis et mis à genou, les grands médias complices… Et oublié que le vote d’adhésion à Macron aux présidentielles avait à peine dépassé les 20 % des suffrages exprimés. Peu importe, Macron était là pour les très riches et il n’allait pas se gêner! Au feu la justice et l’égalité, même pas la peine d’y mettre les formes! La loi “ travail ” imposée par décret, la casse de la SNCF étaient les tests ultimes et … remportés! Désormais il fallait foncer, c’était même une stratégie théorisée et annoncée: prendre de vitesse l’adversaire et multiplier les fronts. Quand la lutte commence à peine à s’organiser dans un secteur, lui était déjà passé à un autre chantier de destruction.

 

Certes, le débat sur l'impôt, si inégalitaire, est plus que jamais d'actualité et notre exigence d'une réforme de fond pour un impôt juste, redistributif, au service exclusif du bien être des populations par le moyen des Services Publics entre autres... demeure au coeur de notre soif d'un monde nouveau.
Toutes ces dernières décennies pourtant, les seuls soucis des puissants ont été de dispenser les plus nantis de l'impôt et de réduire les dépenses publiques.

Le résultat est là, éloquent et terrible: l'Ecole publique, l'Université, les hôpitaux, les transports publics... sont en déshérence! Le Marseille populaire qui s'écroule sur ses habitants pauvres en est une autre preuve, terrible! Cela dans un pays qui est tout de même, ne l'oublions pas, la cinquième puissance économique du monde.