En ces temps troubles, de régression... ce sont les femmes qui continuent à payer le plus lourd tribut ! Mais elles aussi qui luttent, résistent... de façon héroïque ! Ce combat n'a rien de subalterne et il ne saura y avoir d'émancipation authentique sans une stricte égalité entre femmes et hommes.

Résolument féministe, Le CHAHUT a voulu rendre hommage à quelques-une d'entre elles. “Le présent est fait de luttes ; l'avenir (leur) appartient.” (Ernesto Guevara)
Ruqia Hassan Mohammed avait 30 ans. Syrienne, elle racontait sur Facebook sa vie de femme à Rakka, “la capitale” de l'état islamique (EI). Ses amis lui disaient qu'elle prenait trop de risques mais, répondait-elle : “Daech va sans doute m'arrêter et me décapiter... Mais je garderai ma dignité. Mieux vaut mourir que de vivre avec ces types dans l'humiliation.”
Et de poursuivre sans relâche ses récits : “Chaque jour, interdit, interdit, interdit. Les djihadistes ne font qu'interdire !... Je voudrais en finir avec ces humiliations, avec ces types qui nous imposent leur pouvoir... On ne veut pas de Daech et on ne veut pas des bombardements de la coalition anti- Daech !... ” Jusqu'au bout, au péril de sa vie, elle racontera la vie à Rakka écrasée sous les bottes intégristes.
Auparavant, en mars 2011, Ruqia était déjà en tête des manifestations contre le régime de Bachar Al-Assad.
Arrêtée en juillet 2015 par l'EI, ses posts disparaissent de Facebook. Début janvier, les hommes d'Al-Baghdadi annoncent qu'elle a été exécutée avec cinq autres femmes refusant de restituer son corps à sa famille.

“Comportements inacceptables”, “chienlit”, “agissements scandaleux”, “Actes extrêmes”, “lynchage”, “violences indignes”, “débordements”, “dirigeants violentés”, “attaqués”, “molestés”, “mis à nu”, “en guenilles”, “sauvagerie d'ultras”, “agissements barbares”, de “voyous”, d' “agités”...

Tous les noms d'oiseaux, les plus haineux, auront été utilisés à l'encontre de ces salariés poussés à bout par une élimination sociale programmée, des milliers de licenciements, et le mépris affiché par le patronat et son encadrement, prononcés par la quasi- totalité de la classe politique (du PS à l'extrême- droite) et jusqu'au plus haut sommet de l'Etat.

CHARLIE : De l’émotion indignée à l’analyse rationnelle

Rien ne peut justifier, ou excuser, les 17 assassinats des 7 et 8 janvier à Paris, commis par un commando de fanatiques islamistes. Nous n’avons pas attendu ces jours derniers pour combattre l’idéologie intégriste pour ce qu’elle est, une manipulation politicienne du sentiment religieux.

Son objectif avoué est de réduire par la terreur au silence tous ceux, croyants ou athées, attachés à la démocratie, aux libertés individuelles et collectives, à l’égalité entre les hommes et les femmes, et entre les peuples. Cette idéologie politique est une forme contemporaine de fascisme, on ne débat pas avec lui, on le combat, pour défendre les conquêtes sociales, politiques et individuelles héritées des luttes du passé.

Parce que depuis les dernières décennies et particulièrement depuis les lois “Hôpital-Patients-Santé-Territoire” (HPST) et celle récemment défendue par Madame MARISOL-TOURRAINE, les gouvernements successifs considèrent que les dépenses publiques de santé sont excessives. Ils mettent ainsi en place des dispositifs légaux et réglementaires visant à réduire l’offre publique de soins ainsi que leur remboursement par la Sécurité Sociale. Et pour le faire il n’existe pas d’autres moyens que de transformer la santé en une marchandise comme une autre. Ainsi commercialise-t’on progressivement les soins et la prévention après l’énergie, les transports, l’industrie, ……

Parce que nous sommes militants internationalistes et farouches partisans de l'égalité, nous ne pouvons nous contenter de penser le monde sans nous ouvrir, au-delà des frontières, sur les luttes de toutes celles et tous ceux qui aspirent à changer le cours des choses. D'où cet entretien exclusif avec Mor MBENGUE que Le CHAHUT est fier de publier. Militant sénégalais, enseignant, longtemps responsable syndical, il anime désormais une maison d'édition soucieuse, sur ce terrain aussi, de construire une Afrique maîtresse de son destin. Un grand merci à lui et bon voyage à tous!