L'évolution, l'accès accru à l'enseignement, à la culture, à l'information..., l'émotion et les leçons tirées des conflits passés qui ont maintes fois ravagé le monde, l'Europe tout particulièrement, les horreurs des deux dernières guerres mondiales symbolisées par la boucherie de 14/ 18, le génocide nazi et l'utilisation de l'arme atomique à Hiroshima et Nagasaki, les avancées des droits et de la démocratie, la création de l'ONU et l'évidence reconnue de la diplomatie... auraient pu faire croire, espérer un monde enfin délivré de la violence.

Or, ces dernières décennies ont vu tout au contraire le monde s'ensauvager et les unes des journaux débordent chaque jour des barbaries les plus insoutenables.

Si nous avons décidé de revenir une fois de plus sur la belle aventure de l'orphelinat de Cempuis, petit village situé au nord/ ouest de l'Oise, c'est non seulement parce qu'elle a eu une influence importante dans la grande bataille des idées menée pour l'émancipation mais aussi, malheureusement, parce qu'elle symbolise tout le terrain que nous perdons peu à peu face à l'offensive d'une école privée qui n'a jamais accepté les lois laïques. Des événements à méditer pour inverser le rapport de force! 

“M. Robin, directeur de la porcherie municipale de Cempuis, a été exécuté hier en plein Conseil des Ministres. C’est l’effondrement complet du système pornographique de la co-éducation des sexes.”  "La libre parole" (1er septembre 1894)

La “porcherie municipale” de Cempuis, c’est l’orphelinat Gabriel Prévost du nom d’un riche négociant, né et mort à Cempuis, qui a fait du département de la Seine son légataire universel à charge pour celui-ci "d’affecter la totalité de sa fortune à l’entretien du plus grand nombre d’enfants des deux sexes." Ferdinand Buisson, alors directeur de l’enseignement primaire et exécuteur testamentaire, en a proposé la direction à Paul Robin.

• Une expérience pédagogique révolutionnaire

Nous sommes à la fin de 1880. Commence ainsi une grande aventure d’une richesse pédagogique inconnue jusqu’alors et qui devait durer 14 ans. Paul Robin a 43 ans et c’est pour lui la possibilité de mettre en œuvre ses conceptions façonnées par près de 20 ans de pratique professionnelle, théorisées dans d’innombrables articles de revue et dans ses rapports sur l’Enseignement que ce militant libertaire présente aux Congrès de l’Internationale Socialiste.

Dans l’Oise, des particuliers s’apprêtent à faciliter l’accueil des migrants, des associations se constituent. Certaines villes et  villages, du département sont volontaires mais restent peu nombreux. Ces initiatives nécessitent  un accompagnement par des structures spécialisées et compétentes qu’il faut financer. Avec l’extrême droite qui annonce la création d’une association des maires de “communes sans migrants”, la droite de l’Oise a annoncé ne pas vouloir de migrants dans le département (motion du Conseil Départemental de l’Oise du 26 septembre votée conjointement  par les partis LR et FN). 

Avec cette vision fausse et populiste que le migrant serait une charge pour le département ( “Il  n’est pas en mesure d’accueillir dans l’Oise ces personnes dépendantes de la solidarité nationale...”). Comme il l’a fait pour réduire ou supprimer totalement les subventions aux organisations qui œuvrent dans le domaine de la culture et de l’éducation et pour une solidarité réelle, le conseil Départemental cache sa politique d’exclusion avec une justification budgétaire. (Un manque de solidarité qui d’ailleurs touche aussi les personnes âgées puisque les visiteurs d’hospitalité, travailleurs sociaux dont la mission était de rompre l’isolement des personnes âgées vont disparaître. Le Conseil Départemental va faire appel au bénévolat “une solution pragmatique et budgétairement acceptable” estime son Président !).  

(Edito du CHAHUT N° 162 daté de juillet - août 2016)

Deux personnes se rencontrent, habillées comme vous est moi. Elles vont se saluer, boire un verre, discuter... bref, se découvrir et qui sait même envisager des projets communs. La vie quoi! Ce n'est qu'après, au hasard d'un échange, qu'elles découvriront qu'elles ne partagent pas la même religion ou n'en n'ont éventuellement pas.
Si elles n'avaient pas auparavant sombré dans le sectarisme, mais sans doute cela aurait déjà sauté aux yeux, cette différence sera sans conséquence car l'estime, le respect, l'amitié pour l'autre auront déjà ancré en chacun la certitude d'une humanité commune et de l'enrichissement que procure toujours toute différence. Que se serait-il passé si l'un d'entre eux, ou les deux, avaient affiché d'entrée, avec fracas (car cela fracasse en effet les rapports humains), ses convictions religieuses ? 

"Ca va mieux!" Faut-il être coupé des réalités et vivre un véritable naufrage idéologique pour oser unetelle affirmation en ces temps si difficiles! La lucidité apporte en effet le constat d'un monde en perdition, la fin d'une civilisation. Cela sans que n'émergent réellement une alternative crédible, ni davantage les forces sociales et politiques susceptibles de l'imposer.

Alors oui, osons le mot, c'est bien d'une révolution dont nous avons besoin, radicale, démocratique, pas fatalement violente, ce que nous ne choisirions pas, mais réinventant le monde sur de tout autres bases. Il s'agira de tout changer sous peine de ne rien changer!
"Mal nommer les choses c'est ajouter au malheur de ce monde, car le mensonge est justement la grande misère humaine, c'est pourquoi la grande tâche humaine correspondante sera de ne pas servir le mensonge." (1)
Voici la tâche que veut modestement et avec d'autres bien-sûr se donner Le CHAHUT par ces quelques réflexions qui, si elles ne sont bien sûr pas exhaustives, évoquent pourtant des points fondamentaux :
• Notre démocratie marche véritablement sur la tête. Ainsi, si les français rejettent majoritairement la loi El Khomri, ils s'apprêtent, sauf grande surprise, à élire dans un an à peine une majorité de droite qui accentuera bien plus encore les effets néfastes de cette contre- réforme et, plus largement, aggravera la fuite en avant d'un capitalisme devenu fou. Pour ne citer que ces exemples, elle promet la suppression totale du code du travail et une quasi- disparition des Services Publics !