Le CHAHUT N° 167 daté de mai - juin 2017


Comment une démocratie digne de ce nom peut- elle offrir à un mouvement politique 350 députéEs (avec le MODEM) sur 577 quand il n’a recueilli qu’un peu plus de 15 % des inscrits au premier tour des législatives ? Des députéEs scrupuleusement sélectionnéEs par le grand manitou (sur CV, lettre de motivation et entretien!) et contraintEs de signer une charte de soumission au programme de l’exécutif, autant dire les créatures du maître qui les a faites, des godillots ! L’élection à la tête de leur groupe parlementaire à la quasi- unanimité, moins deux abstentions, lors d'un “séminaire de cohérence” d’un candidat unique et préempté, le corrompu Ferrand, exfiltré du gouvernement pour gagner une immunité, en est la première et tragique illustration. (1)

Nous avons échappé au grand basculement, une fois encore, de plus en plus proche: celui d'une démocratie certes de plus en plus dénaturée et sclérosée pour un régime fascisant. Qui pourrait en effet avoir la moindre hésitation à définir le Front National ? Qui pourrait faire preuve de naïveté ou oser de petits calculs face au ripolinage entrepris par sa nouvelle direction ? 

Oui, le F. Haine demeure un parti d'extrême- droite, affairiste et corrompu, xénophobe et nationaliste, qui remettrait en cause l'ensemble de nos droits fondamentaux aussi bien citoyens que sociaux et s'acharnerait sur les plus démuniEs. Il est l'ennemi des salariéEs, des femmes, des étrangerEs ou d'origine étrangère, des jeunes... Son accession au pouvoir représenterait un feu vert donné à tous ceux-là qui souhaitent donner libre cours à leurs frustrations racistes.

Avec les élections présidentielles et comme tous les cinq ans, le temps des hommes providentiels est revenu. Vous aurez remarqué, oui, des hommes, quasi exclusivement! (1) Ils vont sauver la France en la redressant, assainir les dépenses publiques, nous protéger (On est rassuréEs!...)... J'en passe et des meilleurs! Des promesses qui d'ailleurs seront mises au placard dès le lendemain de leur élection, exceptées pour les plus réactionnaires qui dépendront de notre détermination à résister.

Pour ne citer qu'un seul exemple: le mouvement d'Emmanuel Macron a choisi pour titre les initiales de son leader, "E.M."! Voici qui est tout à fait révélateur et éloquent.

Notre Amie et Camarade Eliane Paul-Di Vincenzo qui a vécu et milité en Guadeloupe nous offre un entretien passionnant pour mieux comprendre la situation de "nos" territoires d'Outremer!  (Cet article a été publié dans le numéro 161 du CHAHUT daté de mai/ juin 2016)

 

Le Chahut: La situation réelle dans les départements d'Outre mer demeure une grande inconnue pour la plupart d'entre nous, souvent pas davantage qu'une destination de vacances... Quel est leur statut réel ? Irais-tu jusqu'à parler de néo- colonialisme et, si oui, comment se manifeste-t-il ? 

Eliane: Le statut actuel de la Guadeloupe, comme de la Guyane et de la Martinique, est complexe : à la fois Département et Région, ces petits territoires (du moins pour les 2 îles antillaises) voient se multiplier les éluEs qui se livrent des luttes intestines pour le pouvoir au détriment des intérêts des peuples guadeloupéen et martiniquais.

Ces luttes masquent une situation coloniale maintenue alors qu’Aimé Césaire- qui s’est battu pour la départementalisation, obtenue en 1946- pensait rompre avec le colonialisme en s’intégrant à la “mère patrie” et en devenant un département à part entière.

En ce mois de décembre, il n’est jamais inutile de tirer quelques leçons d’une année écoulée. Faisons- le à travers deux dates malheureusement passées trop inaperçues :

• Depuis le 8 août 2016, l'humanité vit à crédit…

Revoici le thème récurrent de la dette “qui pèse sur les générations futures” ? Litote de presque tous les politiciens et autres bien- pensants. Rassurez- vous, Le CHAHUT n’a pas tourné sa veste ! Nous ne parlons pas là de la dette financière qui étrangle les peuples mais n’est qu’artifice monétaire… question qui pourrait se résoudre par de simples réquisitions après une renationalisation de cette dette publique ou, plus en douceur, par une relance de l’inflation. Mais du “Jour du dépassement” Laissons parler l’ONG “Global Footprint Network” :