Le CHAHUT N° 173 daté de mai - juin 2018

 

Le mouvement ouvrier a toujours promu les organisations collectives, bien conscient que l'ouvrier isolé est à la merci de toutes les exploitations: amicales, caisses de solidarité, bourses du travail, syndicats, coopératives, mutuelles... Les puissants ont les capitaux, nous avons le nombre! L'idée de service public est née de ces mêmes luttes. 

Il s'agit, comme le rappelle Henri PENA RUIZ, de “permettre à toute personne d’accéder aux biens de première nécessité. Santé, instruction et culture, accès à l’eau et à l’énergie, au transport... doivent être à la portée de tous sans que pèsent les inégalités géographiques et sociales. D’où la nécessité de services publics de caractère national, tournés exclusivement vers l’intérêt général.”

 

 

En 1937, avec le Front Populaire, le Service Public fut incarnée par la SNCF déjà. A la libération, le patronat disqualifié par sa collaboration avec l'occupant nazi dut concéder le Programme du Conseil National de la Résistance. La Sécurité Sociale allait se construire sur l’admirable principe qui veut que l’on cotise selon ses moyens et que l’on reçoive des soins selon ses besoins. La santé était délivrée de la loi du marché grâce à une solidarité redistributive.

Le 4 octobre 2007, le Medef, par la voix de Denis Kessler, sonnait l'heure de la revanche: “Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. Il s'agit aujourd'hui de sortir de 1945, et de le défaire méthodiquement.” La Commission européenne par sa directive 91/440 impose une privatisation à marche forcée des services publics. C'est dans ce cadre que s'inscrit l'attaque frontale lancée par Emmanuel MACRON contre la SNCF et les cheminots. Mais au- delà contre tous les Services Publics! La mise en concurrence prépare inéluctablement la privatisation.

Tout le reste n'est que prétextes et habillages. Ainsi le poids de la dette ou les soit- disants privilèges des cheminots! Les dividendes, les stocks options, les défiscalisations, les paradis fiscaux, les parachutes dorés... là sont les vrais privilèges.

Le statut des cheminots est lui aussi totalement légitime, gage de sécurité, il est aussi l'objectif, l'exemple vers lequel doivent tendre tous les emplois. L'exact contraire de cette course folle, sans fin, vers une précarisation généralisée!

Voici pourquoi, le combat exemplaire de nos Camarades cheminots est de portée universelle, ils défendent l'intérêt général! Leur victoire serait promesse d'avenir pour l'avènement d'une société de justice sociale. Leur défaite, un emballement vers des inégalités toujours plus insupportables! ChacunE doit contribuer à ce que la balance bascule du bon côté!

 

Le 05/ 05/ 2018 - Le CHAHUT