Le CHAHUT N° 172 daté de mars - avril 2018

 

Université, bac, lycée, apprentissage, formation professionnelle, statut des fonctionnaires, statut des cheminots : le gouvernement Macron a déclenché une offensive d’une ampleur inédite contre l’ensemble des droits et acquis collectifs, arrachés par les salariés. Aussi nous revient-il d’organiser la mobilisation la plus déterminée pour infliger une défaite politique à ce gouvernement !

Vers un bac maison !

Le Bac cesserait à terme d’être diplôme national et 1er grade universitaire, ayant la même valeur sur tout le territoire. Un bac “maison” , avec chaque établissement qui prendrait en charge un contrôle continu comptant pour 40% de la note et le choix de modules faisant disparaître des disciplines essentielles, le tout sur le modèle du caractère propre de l’enseignement privé. Comment s’étonner dès lors que l'APEL (Association des parents d'élèves de l'enseignement libre), bras armé de l'enseignement catholique, la voix du Vatican en matière scolaire, ait pu déclarer : “La philosophie générale de la réforme correspond assez largement à ce que l’Enseignement catholique préconise depuis des années.” Au-delà, les universités sélectionneront les bacheliers suivant des “attendus”, ce qui prépare une remise en cause du droit aux études, notamment pour les enfants des milieux populaires ; et plus encore dans les filières les plus prestigieuses. Le statut des enseignants s’en trouvera aussi profondément remodelé. Les Echos l’expliquent ainsi clairement : “… L’annualisation du temps de travail des enseignants a enfin une chance d’être inscrite au tableau.”

Remise en cause du statut de fonctionnaire

 

Mais l’ensemble des fonctionnaires sont également visés. Le gouvernement entend ainsi supprimer 120 000 postes de fonctionnaires avec l’objectif de “réduire de trois points la part de dépense publique dans le PIB d’ici 2022”. Pour ce faire, il a annoncé sa volonté de s’attaquer frontalement au statut de La Fonction Publique: recours plus important encore aux contractuels, davantage de liberté pour les “employeurs publics”, remise en cause des commissions paritaires, individualisation des rémunérations (salaire au “mérite”, selon “l’engagement” des agents”), renforcement de “l’accompagnement” (c’est à dire des pressions exercées pour la mobilité ou des plans de départs “volontaires” …)

Pour une fois, la SNCF sera à l'heure... de la privatisation!

Mais Macron veut aussi en finir avec le statut des cheminots, une corporation historiquement au coeur des mobilisations en défense des acquis arrachés dans l'après guerre. La SNCF est donc une autre cible! La méthode est toujours la même: organiser sciemment le dysfonctionnement pour pouvoir prétendre que le Service public ça ne marche décidément pas puis privatiser, le privé c'est tellement plus efficace! Aujourd'hui, la SNCF souffre d'un déficit d'investissement datant de plusieurs décennies, de la priorité unilatérale donnée au TGV au détriment des transports du quotidien (RER...), d'une dette largement artificielle (ampute-t-on au transport routier le coût de l'entretien des routes ?...). Quant à la gestion Guillaume Pépy, elle est tout simplement catastrophique! Une fois la barque bien chargée, reste à lancer la privatisation, "à la découpe" il va de soi: seules les lignes rentables attireront les actionnaires privées... Pour les autres, trains ruraux et de banlieue transportant les salariés, le bébé sera refilé aux Régions elles- mêmes bien maltraitées et de très nombreuses lignes purement et simplement supprimées ! L'aménagement du territoire ne devra servir que les profits d'une minorité. Pour couronner le tout, l’adoption de cette contre- réforme se fera par ordonnances: un déni de démocratie ? Pourtant d'autres pays ont déjà fait ce choix de la privatisation du rail, dont la Grande Bretagne de M. Thatcher. Le résultat est déplorable et éloquent: un service totalement inefficace et plus cher pourtant tant pour les pouvoirs publics que pour les usagers, un investissement en berne et des accidents qui se sont multipliés!... Le cinéaste Kenn Loach l'avait démontré et dénoncé dans son très beau film "The navigators" à voir et revoir ! D'un point de vue écologique, de celui de la gestion territoriale... un grand Service Public du rail est pourtant indispensable voire vital. Dans tout son rapport, Spinetta n'utilise pourtant qu'à une seule reprise les mots "bilan carbone": éloquent!

Bref, l’offensive est globale, de fond… notre riposte doit être à la hauteur de ces enjeux !

Le 29/ 03/ 2018 - Le CHAHUT