Le CHAHUT N° 170 daté de novembre - décembre 2017

Facsisme soft en macronie...
On pensait avoir touché le fond avec Sarkozy, politique xénophobe d'ailleurs poursuivie à l'identique par Hollande, c'était être bien optimistes: Macron, peu à peu, entraîne la société française dans une sorte de fascisme soft. Jugez plutôt:

La fermeture des frontières de l'Europe de l'est et l'accord passé avec le régime autoritaire d'Erdogan ne pouvaient que réouvrir la voie méditerranéenne. La grande idée est désormais d'empêcher coûte que coûte les RéfugiéEs d'atteindre l'Europe. Trop difficile ensuite de les expulser: c'est qu'ils s'intègrent les bougres, ils travaillent, leurs enfants fréquentent nos écoles, des solidarités se créent... Parfois même, ils résistent et luttent.

 

Cette tentative de bloquer les MigrantEs avant la traversée de la Méditerranée s'effectue en déléguant la gestion des flux migratoires aux pays de départ. Qu'importe que ces régimes soient tous corrompus et, de notoriété publique, qu' au Maghreb, un profond racisme anti-Noirs persiste. Ainsi l'Union européenne aurait- elle débloqué 500 millions d'euros pour financer cette sous- traitance, fonds qui plus est prélevés sur les aides au développement. Au Maroc, des migrantEs sont enferméEs dans des centres de rétention financés par l’Union européenne, dans des conditions inhumaines, et parfois jetéEs et abandonnéEs dans le désert.

En Algérie, des ratonnades sont organisées. En Tunisie, des étudiantEs sont quotidiennement victimes d’actes racistes... Au Soudan, un accord a été passé avec le président Al- Bachir poursuivi par la Cour pénale internationale et le contrôle des migrantEs confiéEs à des milices janjawids responsables d'exactions au Darfour. Les gardes- côtes libyens sont payés par l'Europe pour intercepter les MigrantEs puis les livrer à des bandes armées... Car dans ce pays où toutes les institutions ont été détruites, c'est bien avec des mafias qu'il a fallu négocier. Résultat: la réapparition de marchés d'esclaves et l'on fait mine de s'étonner! Comme le dénonce le Directeur de Médecins sans frontières “... (Faire le choix de cette gestion) et dénoncer les conditions de détention sur place des MigrantEs est pour le moins hypocrite!”

Dans une circulaire datée du 20 novembre dernier, le ministre de l'intérieur Colomb intime brutalement à ses préfets l'ordre de multiplier les expulsions: il veut des résultats et, mais il ne le dit pas, des drames humains à la clé! Dans ce même état d'esprit, le nouveau texte réglementaire qu'il prépare généralisera la rétention des étrangerEs ou leur assignation à résidence sans limite.

Des centaines d'enfants étrangers, de Sans- Papiers... sont jetéEs à la rue. Le SAMU social estime à un demi-millier le nombre d'enfants dormant sur les trottoirs, chaque nuit, à Paris. Mais pire, se généralisent des dispositifs pour cacher les pauvres, car les SDF en sont tout autant victimes. Au pire il faut les effacer totalement de la société, au moins pire les repousser vers les quartiers populaires: émission d'arrêtés anti- mendicité, bancs truffés d'accoudoirs pour éviter que l'on puisse s'allonger, douches d'eau froide automatiques si l'on tente de pénétrer un parking et qu'on ne possède pas le badge d'entrée, points d'eau fermés, à Calais les effets personnels, couvertures, etc..., des RéfugiéEs systématiquement détruits... Barbare et honteux! Et là où des distributions de nourriture sont effectuées, elles ont souvent été déplacées aux périphéries des villes.

Enfin, la police aura le droit d'exiger la liste des occupants des centres d'accueil d'urgence afin de vérifier qui a les papiers ou pas! Le gouvernement entend même demander à leurs gestionnaires d'en exclure les Sans- Papiers! Ce serait la fin d'un principe fondamental: l'inconditionnalité de l'accueil! Quand un être humain est en détresse, aucune raison ne saurait justifier qu'il ne soit secouru! Aussi, même les organisations strictement caritatives, comme Emmaüs ou le Secours Catholique, s'insurgent-elles! Louis Gallois, Président de la FAS, déclare: “Les centres d'hébergement ne doivent s'associer en rien à ces démarches policières.” Et de rappeler le Code de l'action sociale et des familles: “Toute personne sans abri, en situation de détresse médicale, psychique ou sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d'hébergement d'urgence.”

On vous le disait: un véritable fascisme soft! Si nous ne nous mobilisons pas, si nous refusons notre solidarité, notre société risque de virer à la barbarie et notre humanité de disparaître! Le pire serait à craindre...

Le 15/ 12/ 2017 - Le CHAHUT