Rencarts 25                                  

• Un rendez- vous essentiel à noter, faire connaître et ne pas manquer:

      notre Assemblée générale!

 

Chacun le comprendra, c'est un moment essentiel de notre vie démocratique pour faire le point mais encore 

pour élaborer collectivement des perspectives afin de populariser encore nos idéaux et notre journal!

Elle aura lieu le vendredi 08 février 2019, à 18 heures 00 précises,

à la petite salle (sur le côté à droite en entrant) du Pré Martinet à Beauvais (60) -parking du CineSpace-.

 

 

 




 

 

Les temps troubles et inquiétants que nous connaissons rendent toujours plus urgent et impérieux notre devoir de réfléchir, comprendre, débattre... Tout simplement parce qu'un nouveau monde est à réinventer.
Aussi Le CHAHUT reprendra-t-il son cycle de soirées- débats et, une fois encore, nous allons vous gâter!
En voici le programme pour le premier semestre de 2019 et même si ces dates semblent un peu lointaines, retenez- les, faites- les connaître... Ce serait si dommage de passer à côté!

• Le 1er mars 2019Silvia CAPANEMA P. de ALMEIDA (Maître de Conférences à l'Université Paris 13) nous rejoindra. Le sujet: le Brésil, il va de soi. Et pour vous mettre l'eau à la bouche, sachez que Silva est franco- brésilienne et rentrera tout juste d'un long séjour au Brésil au moment de venir débattre avec nous. Avec elle, nous réfléchirons sur comment en est- on arrivé là dans ce pays mais au- delà en Amérique latine ? Quelles résistances, quelles perspectives, quelles reconstructions dès lors ? Mais encore, de France, quelles solidarités pourrions-nous construire avec les progressistes brésiliens et les victimes potentielles de ce gouvernement d'extrême- droite ?

 Le 26 avril 2019, nous recevrons Véronique RIEU, Professeure de lettres/ histoire dans un Lycée professionnel de l'Oise mais surtout auteure du livre "L'anticléricalisme féministe sous la IIIe République (1875-1914).", ouvrage pour lequel elle a reçu  le Prix de l'Intiative Laïque (attribué entre autres par la MAIF et la MGEN).
Un sujet essentiel au moment où la laïcité est remise en cause, la loi de 1905 par exemple, et où d'incertains osent prétendre qu'il n'existerait pas de lien entre féminisme et laïcité!

 Le 24 mai 2019Eric TOUSSAINT sera parmi nous. Il est le porte- parole du CADTM International (Comité pour l'abolition des dettes illégitimes). Un expert particulièrement reconnu de la question des dettes publiques, des dettes qui permettent de faire passer toutes les pilules et d'enrichir plus encore et comme jamais les plus riches.
La soirée s'articulera en deux temps:
- l'illégitimité de la dette;
- comment résister aux “marchés” ?

Rappelons que toutes ces soirées ont lieu à Beauvais (60), Amphi de l'Espace du Pré Martinet (près de la Gare SNCF, parking du Cinéma CGR, rue Corréus).
A partir de 18 heures, accueil et casse- croûte, chacun peut apporter sa spécialité salée ou sucrée;
18 h 30, début de la conférence suivie d'un débat avec la salle.

Relayez ce message à vos contacts, mobilisez-vous: l'avenir sera ce que nous en ferons!
Rappelons enfin que Le CHAHUT a un besoin urgent d'abonnements et de ré-abonnements, là est notre seule ressource! Et le moyen encore de financer nos soirées- débats qui ont aussi un coût! Là encore, faites connaître notre journal à vos AmiEs, sortez le carnet de chèques!


• Retour sur la Soirée- débat avec Rony BRAUMAN:

Nos rencontres ont pour buts l’échange, la  confrontation amicale de nos convictions et l’approfondissement de nos réflexions. Pas question donc de n’inviter que des intervenants qui “penseraient comme nous”. Ce serait tourner en rond !  Tel était particulièrement le cas avec la venue de Rony Brauman dont l’expérience, la qualité de ses réflexions et l’honnêteté intellectuelle nous avaient convaincus de l’inviter (en collaboration avec le Collectif “Ni guerres, ni état de guerre” ). Le débat fut donc vif mais passionnant ! 

Pour l’essentiel il s’agit de réfléchir à la question cruciale, pour un équilibre sans doute impossible à trouver, de recherche d’un point d’équilibre “juste” entre le refus de l’ingérence et le refus de l’indifférence. Cela est d’autant plus difficile qu’une guerre entraîne inéluctablement une puissante action de propagande. Dit autrement, nous sommes anti- impérialistes mais peut- on pour autant laisser le pouvoir birman massacrer les Rohingas ou se contenter de mesures diplomatiques, voire de boy- cotts, aux effets lents, quand l’urgence est absolue ?

R. Brauman se refuse à être “non interventionniste par principe” et estime certaines guerres “justifiables”. Ainsi fut- il favorable aux interventions au Kosovo, au Mali, en Côte d’Ivoire mais condamne avec une extrême sévérité les guerres d’Irak, de Lybie…

Notons en préalable que la généralisation de ces interventions qui, ne nous y trompons pas, relèvent le plus souvent d’instrumentalisations menées par les puissants est désormais justifiée par un “basculement” de l’ONU depuis qu’elle a retenu en 2005 la notion de “Responsabilité de protéger”. Cette organisation internationale qui avait justement été créée pour prévenir la guerre en venait à la réhabiliter sous le prétexte de protéger des populations.

R. Brauman nous expliqua alors les critères susceptibles, selon lui, de rendre “justifiable” une guerre :

La gravité de la menace doit être incontestable et aux conséquences dramatiques, de fait il doit s’agir d’éviter un crime de masse;

tous les moyens ont dû être entrepris pour tenter d’éviter cette intervention qui doit être un dernier recours après la diplomatie, les sanctions… Sa violence ne doit pas alors excéder les exactions dénoncées ;

son objectif doit être clairement défini et “atteignable” avec une chance raisonnable de succès, par exemple éviter donc un crime de masse.  Elle doit viser à être brève, limitée et laisser à son issue une situation meilleure ou a minima “moins pire”.

Pour sa part, Le CHAHUT a insisté sur le devoir absolu qui le nôtre de lutter en amont contre les causes des conflits car lorsque la guerre est là, sans doute est- il déjà trop tard. Elle entraîne inéluctablement le chaos, “l’ensauvagement” et le plus souvent des réactions en chaîne quasi incontrôlables. Pour cela nous avons dénoncé:

les ventes d’armes qui transforment de plus en plus le monde en une poudrière ;

Les inégalités abysalles et se creusant de plus en plus qui ne peuvent plus être supportées désormais et engendrent tant de désordres, de rancunes, de ressentiments, de haines…

Les complaisances, voire les complicités et les soutiens, avec les régimes dictatoriaux ;

Cette idéologie appartenant définitivement à une époque révolue qui autoriserait l’Occident à dicter sa loi au monde. A ce sujet, les bombardements même prétendument “ciblés” ou “chirurgicaux” ne sont pas une solution mais une partie du problème ;

Enfin, le “deux poids/ deux mesures” qui fait fermer les yeux, par exemple, sur les crimes d’israël, de l’Arabie Saoudite au Yémen…, et rend ainsi inaudible toute action diplomatique.

Bref et en quelque sorte agir avant la guerre ! Pour un monde à réinventer !

• Conférence de Francis Arzalier le 29 avril  2016 à Beauvais :

              « La notion de nation et les guerres de l'Occident »

    Près d'une cinquantaine de participants, à l'initiative du journal « Le Chahut », des Amis du Monde Diplomatique et du Collectif « Ni guerres, ni état de guerre » , s'étaient déplacés pour écouter Francis Arzalier, docteur en Histoire et spécialiste des relations coloniales, qui venait présenter son livre : « Les nations nécessaires et leurs pathologies nationalistes ». La soirée a été passionnante : après deux heures et demie de discussions, les participants posaient encore des questions et ne voulaient pas quitter la salle qu'il fallait pourtant rendre.

De quoi Francis Arzalier a-t-il parlé ? Des peuples, qui sont unis par un territoire, une langue, parfois une religion. Des nations où les peuples manifestent la volonté politique de vivre ensemble. C'est dans le cadre de la nation que se font les conquêtes politiques et sociales. Le nationalisme par contre est une conception sacralisée de la nation qui nie ses contradictions internes, dont les rapports de classes ; le fascisme, le colonialisme ... sont des nationalismes.

   L'impérialisme, politique d'un Etat qui souhaite réduire d'autres Etats ou peuples en dépendance politique, économique et militaire, est toujours bien vivant. Ainsi des traités inégaux donnent à la France la possibilité d'intervenir militairement en Afrique (plus de 40 fois depuis les indépendances de 1960).

    L'agression de la Libye en 2011 par Sarkozy a entraîné le chaos et l'insécurité en Afrique, justifiant ainsi l'envoi de nouvelles troupes sur le terrain. Le résultat, au Mali par exemple : le pays se retrouve avec un pouvoir incompétent, une double occupation par les djihadistes et les troupes françaises, des jeunes désespérés contraints d'émigrer ou prêts à répondre à l'appel du djihad.   « Chaque bombe larguée par les Rafales fait surgir de nouveaux djihadistes » dit Francis Arzalier. Les différentes interventions militaires de l'Occident ne font pas progresser la situation, tuent des civils innocents, et cela dans le silence presque absolu des médias.

    Et pendant ce temps la France vend des armes à la Turquie qui achète le pétrole de Daech, à l'Arabie Saoudite et au Qatar qui inspirent et financent le djihadisme...

    Pour « éteindre le feu » en Syrie comme en Libye, il faudrait déjà cesser toutes ventes d'armes à ces trois pays.

   Plusieurs participants ont posé des questions concernant l'existence ou la disparition du prestige de la France issu de la Révolution, le rôle des multinationales dans l'affaiblissement des nations, la notion de « patrie » pour les ouvriers, les ventes d'armes, la concurrence entre intérêts français et intérêts chinois en Afrique, les questions posées par la nation et le nationalisme.Ce qui ressortait de la soirée, c'était une immense soif d'en savoir plus et de débattre de sujets qu'on aborde peu.

    Il semble que l'information soit aujourd'hui un axe très important de notre travail, pour donner aux Français les moyens de faire face au rouleau compresseur de la propagande gouvernementale ( une centaine de classes de collèges sont désormais en partenariat officiel avec l'armée dans le cadre des Classes Défense et Sécurité Globales).

                                                                                  Le collectif « Ni guerres ni état de guerre » de Beauvais