Rencarts 25                                                                                                                                                                        

Des événements importants agitent notre pays. Pourtant, le débat demeure bien souvent confus. Le CHAHUT a donc décidé de rédiger des textes se proposant modestement d'enrichir nos réflexions et nos revendications:

Pour un soutien lucide et constructif aux Gilets jaunes
Ce qu'il faut dire de la violence

Pschitt!

N'hésitez pas à les faire connaitre! En particulier vers Les Gilets jaunes. Pour notre part, à Beauvais, nous sommes en contact avec elles/ eux même si leur manque d'organisation, l'absence d'AG... rendent ces contacts difficiles.

Bon courage dans les luttes et Cordialement.
 
        
                                                                                                    
 

 1- Pour un soutien lucide et constructif aux Gilets jaunes
Evidemment nous n'avons cessé de dénoncer et combattre Macron et sa politique; Macron le président des très riches, le Robin des bois à l'envers... Du coup, nous ne pouvons que comprendre les exaspérations et les colères populaires qui montent. Pourtant certaines prises de position d'un certain nombre de Gilets jaunes nous gênent. 

Tout d'abord, cette façon, trop souvent, de commencer leurs phrases par: "Nous qui travaillons...". Façon de stigmatiser ces fainéants de chômeurs, ceux qui vivent des aides... 
Et puis, pour notre part, nous ne sommes pas contre l'impôt mais pour l'impôt juste! Un impôt redistributeur qui s'attaquerait de front aux inégalités sociales, qui servirait à démultiplier et améliorer les Services Publics... Car sans impôt, plus d'Ecole publique, plus d'hôpital, plus de route... Des reculs que les plus pauvres subissent de plein fouet! Quant aux plus riches, tant qu'ils pourront payer, ils trouveront toujours des solutions, en particulier par le recours au privé ou en allant s'installer, se faire soigner, etc... ailleurs!
De même, la disparition ou la baisse drastique des cotisations sociales aboutiraient à la fin des protections sociales!
Avec Macron, les très riches sont quasiment dispensés de toute contribution, les impôts grimpent mais les Services Publics sont démantelés et pendant que les gros pollueurs sont épargnés (1), qu'il n'existe aucune politique réelle et sérieuse de transition écologique (voir la contre- réforme de la SNCF qui ne parlait que de profits, de concurrences, les autorisations de forage accordées à Total au large de la Guyane...) les taxes environnementales ne servent que marginalement à la cause écologique. L'essentiel servira à "payer la dette", une dette illégitime et qui enrichira encore les prêteurs derrière lesquels se cachent à nouveau les actionnaires et les plus riches. Le danger est imminent car avec une politique aussi mensongère, punitive et injuste, Macron risque de tuer une prise de conscience environnementale naissante alors que la planète s'empoisonne, étouffe et brûle!
Dans le même temps également, le droit social est démantelé pour accroître toujours davantage la précarisation et les bas salaires. Pourtant où sont passées les revendications salariales ? 
Le plus grotesque est, par exemple, de voir les VTC avoir parfois rejoint le mouvement des Gilets jaunes! Ainsi ces salariés sur- exploités par les plate- formes telles Uber, on parle de 70 à 80 heures de travail par semaine pour un SMIC!, ne se retournent pas contre leur employeur dissimulé, réel pourtant mais... contre l'Etat! Eloquent!
Ceci dit, ce mouvement des Gilets jaunes, très hétéroclite d'ailleurs, nous surprend plutôt agréablement: il aurait pu tourner au pire, désigner des boucs- émissaires, tel ne semble pas être le cas. La récupération par le F. Haine semble rejetée, les attitudes xénophobes marginales... Des revendications de classe semblent émerger en certains lieux comme la remise en cause du CICE, 40 milliards inutiles à l'emploi et ne servant qu'à gaver plus encore les actionnaires, le rétablissement de l'ISF, l'augmentation conséquente du SMIC, etc...!
Cette révolte a aussi le mérite de mettre en lumière la conscience de l'injustice fiscale qui couve dans notre pays (2).
Il ne saurait donc y avoir de notre part ni mépris, ni indifférence. L'erreur serait aussi d'abandonner ce terrain pour laisser place libre à toutes les manipulations politiciennes, celles de l'extrême- droite en premier lieu. Tout au contraire, notre présence militante lucide et sans ambiguïté, doit aider à la convergence des luttes et à l'ancrage de ce mouvement dans la lutte des classes. (3)

L'éparpillement et l'absence d'organisation de cette lutte sont aussi des obstacles qu'il faut travailler à franchir.
Le CHAHUT, très modestement, ne peut qu'appeler à la convergence des luttes!
 Que tous les exploités, les exclus, les précaires, les chômeurs, les sans voix et sans droits... se rejoignent, se fédèrent... par des AG démocratiques et souveraines élisant des DéléguéEs mandatéEs et révocables,  faisant vivre ainsi une auto- organisation des luttes sur des bases de lutte des classes pour des revendications unifiantes, exigeant une véritable égalité sociale et politique, prenant en compte aussi les enjeux écologiques car ce sont les plus pauvres qui seront les première victimes des dérèglements climatiques, de la pollution... Le véritable contentieux oppose en effet une infime minorité se gavant toujours davantage des profits générés par le capitalisme mondialisé, un véritable accaparement, et toutes les femmes et les hommes qui n'ont que leur travail pour vivre dignement. Que chacunE rejoigne aussi les organisations syndicales et travaille en leur sein pour qu'elles redeviennent véritablement l'expression de nos revendications et nos outils authentiques au service de l'émancipation des travailleurs. 
Quant aux organisations syndicales, elles doivent prendre leurs responsabilités: appeler à une première journée de grève générale, à des AG locales ouvertes à toutes celles et tous ceux qui sont en lutte...

Enfin, il nous faut affirmer la nécessité de revendiquer la justice sociale et une transition énergétique cohérente, réelle et juste là encore, refusant qu'elle serve de prétexte à un nouvel approfondissement des inégalités. Ces deux exigences obligent à remettre en cause les intérêts capitalistes. C'est ce qu'il faut absolument comprendre et dont n'ont pas encore pris conscience la plupart de ces Gilets jaunes. A nous d'y travailler. Bref, toute la différence entre une révolte et une révolution!
  

(1) Les avions des compagnies aériennes, les supertanker, les gigantesques paquebots de luxe... utilisent un fioul lourd... non taxé!

(2) Une réforme fiscale de fond et globale, en rupture, doit être l'une de nos premières revendications. Aujourd'hui, la légitimité de l'impôt et des cotisations sociales est remise en cause, ce qui est alarmant, mais n'a-t-on pas tout fait pour en arriver là ?
Michel BOUVIER, Président de la Fondation internationale de finances publiques, écrit: “... Le passage au libéralisme dominant a complètement changé les modèles de gestion publique au profit d'une logique d'entreprise. Cette logique marchande a une conséquence simple: quand les citoyens- contribuables constatent ou ressentent qu'ils n'en n'ont pas pour leur argent, ils ne veulent plus payer!... Et les fermetures de Services Publics aggravent cette perception d'inefficacité...
Deux conceptions de l'impôt s'opposent: la première, gravée dans la Déclaration des droits de l'Homme de 1789, est celle du civisme fiscal où les prélèvements obligatoires POUR TOUS sont le mode légitime de financement de l'intérêt général et de l'égalité sociale. La seconde conception correspond au prix d'un service rendu par l'institution (Etat, collectivités locales...). Le citoyen- contribuable est réduit à n'être plus qu'un usager- client... Cette seconde conception a fini par s'imposer...” (Le Monde du 23/ 11/ 2018)
“... Avec l'intensification de la concurrence internationale, les gouvernants ont renoncé à intervenir sur la répartition primaire des revenus entre salaires et profits... La question fiscale se réduit à une instrumentalisation démagogique pour rallier l'électorat populaire...
(Du fait de) La désagrégation du tissu industriel, des suppressions d'emplois massives... l'Etat, jadis considéré comme une garantie de protection (4), apparaît comme une instance lointaine, au service des puissants...
... Une succession de scandales (affaires Bettencourt, Cahuzac, Paradise Papers...), ont fait apparaître l'égalité de l'impôt comme une fable... D'un côté, les contribuables ordinaires, sommés d'accepter les efforts pour renflouer les finances publiques; de l'autre, les puissants qui peuvent s'exonérer des contraintes légales sans être vraiment inquiétés...
D'ailleurs, depuis les années 1980, on observe une multiplication des niches fiscales permettant aux plus aisés de réduire l'impôt sur le revenu alors que la TVA reste la même pour tous les consommateurs et que les taxes sur les carburants augmentent sans dérogation... sauf pour les professionnels du transport!...”(Alexis SPIRE - Le Monde Diplomatique de décembre 2018) 
Note du Chahut: Bref, un véritable retour en force des privilèges “sentant mauvais” l'ancien régime!

(3) La lutte des classes demeure bien à nos yeux “le moteur de l'histoire” et notre grille d'analyse au dépend d'un “populisme (fût- il) de gauche” bien ambigu et pouvant nous entraîner vers les pires impasses: dimanche matin, sur Europe 1, Alain  Finkielkraut nous en fit la démonstration en dénonçant les“classes moyennes oubliées” car “il n'y en a eu que pour les banlieues, les migrants...”Grave manipulation, pur mensonge... puisque les Migrants n'ont jamais tant souffert, les Sans- Papiers jamais été tant nombreux et traqués... et que les quartiers sont victimes de discriminations et de relégations toujours plus insupportables! 

(4) 
Note du Chahut: Ce qui revenait le plus souvent à confondre l'Etat avec les acquis et les lois de progrès arrachés par les luttes acharnées du mouvement ouvrier. Avancées sans cesse remises en cause et plus encore depuis près de trois décennies maintenant!  

Le CHAHUT - Journal anti- capitaliste, anti- impérialiste et laïque réalisé dans l'Oise (Picardie)
Beauvais
 (Oise), le 03/ 12/ 18

 

2- Ce qu'il faut dire de la violence...
Nous ne sommes pas fascinés par la violence, loin s'en faut!
 Offrir des armes au ressentiment, à la frustration et le fascisme sera le plus souvent au rendez- vous. Notre volonté d'une République sociale, notre attachement à l'égalité sont justement à l'opposé de la loi du plus fort! La vengeance ne pourra jamais être le fondement à la construction d'une autre société. Pour notre part, nous choisirons toujours la démocratie, la culture et le débat d'idées en faisant grandir la conscience que, solidaires, nous avons le nombre!  Ce n'est nullement un hasard, il va de soi, si les mouvements qui ont choisi la lutte clandestine armée, et tout particulièrement les mouvements indépendantistes, basque, corse..., ont tous sombré dans des systèmes mafieux. 
Nous n'adhérerons pas pour autant au pacifisme intégral.
 Il est malheureusement des moments de l'histoire où la violence s'impose à nous. Pour revenir sur l'exemple le plus terrifiant du siècle dernier (sans analogie bien- sûr avec notre présent), nous voulons penser que nous aurions eu le courage d'être du côté de la Résistance pour abattre au plus vite la barbarie nazie. 
Cependant, la violence dénoncée est toujours la violence des pauvres. Cela revient à dissimuler les violences de l'amont qui mettent le feu aux poudres. Dissimulation possible du fait que les classes possédantes ont à leur disposition les outils politiques, idéologiques, médiatiques... leur permettant d'imposer leurs analyses et leur vision de l'histoire, une histoire racontée par les chasseurs et qui condamne les lions au silence. Il est de bon ton désormais, par exemple, de dénoncer les violences de la Révolution française; c'est taire les violences insupportables qu'imposa la royauté au peuple français pendant des siècles! 
En ces circonstances graves que vit notre pays, nous n'oublierons pas que la violence initiale est celle de ce pouvoir macroniste qui n'a eu de cesse que d'accroître les inégalités, détruire les acquis du mouvement ouvrier... passant en force dans tous les domaines et faisant preuve d'une morve hautaine, méprisante, humiliante et insoutenable! 
Notre société crève des inégalités, qu'elles soient en matière d'emploi, avec un chômage massif durant depuis des décennies, de revenus, d'éducation, de logement (l'écroulement des immeubles marseillais en est l'exemple le plus révoltant!), de santé, de moyens de déplacement, de Services Publics ... Ces injustices, ces discriminations, ces relégations de franges entières de la population, des quartiers populaires, de la jeunesse des banlieues... représentent de véritables violences sociales et démocratiques et c'est en elles que se trouvent les causes initiales, réelles et profondes expliquant ces débordements de colère. 
Et ces violences sociales n'ont rien à voir, par leur nombre et leur ampleur, avec les actes, fussent-ils regrettables, de ce 1er décembre: quelques vitrines brisées d'un côté, des millions de vies brisées de l'autre! 
Il est trop facile et faux, dès lors, d'expliquer la révolte de ce samedi 1er décembre par l'action de quelques “casseurs professionnels”. Si tel était le cas, la puissance des forces de l'ordre (ordre des possédants essentiellement) aussi nombreuses, organisées, armées... aurait vite fait d'en venir à bout. Et au Puy- en Velay, par exemple, grosse bourgade rurale, plutôt conservatrice, l'explication de ces “bandes armées” est plus grotesque encore! 
A la lumière de ces événements, il est essentiel aussi de noter un fait nouveau et déterminant. Jusqu'ici les "émeutes" demeuraient cloisonnées au quartier et, en quelque sorte, les insurgés brûlaient les voitures de leurs propres parents, les écoles de leurs petits et petites frères et soeurs, leurs propres bibliothèques... En l'occurrence, les violences se sont déplacées dans les quartiers les plus riches de Paris, atteignant les lieux les plus symboliques du pouvoir et de la richesse: grands magasins de luxe, banques, hôtels particuliers, etc... 
Quant à la présence de pilleurs, là encore la responsabilité de notre société est essentielle: elle empoisonne l'esprit de la jeunesse avec ses publicités consuméristes, la dictature des marques, tout en excluant de cette consommation devenue modèle de vie une grande majorité d'entre elle.
Même si cela ne résout rien sur le fond et peut même être dangereux et tout à fait contre- productif, nous ne regretterons pas que la peur change, un peu et pour une soirée au moins, de camp. Puissent les plus riches, les puissants comprendre que leur accaparement des richesses ne peut plus durer et qu'ils ne pourront continuer à étouffer l'aspiration du plus grand nombre à la justice sociale et à l'égalité. 
En ce sens, le virage ultra- répressif que s'apprête à prendre le gouvernement Macron, on parle de couvre- feu, d'instauration de l'état d'urgence,... ne peut qu'exacerber les tensions sans rien résoudre des défis qui s'imposent à notre société. Si Macron devait jouer le pourrissement, choisir la politique du pire, jouer le pyromane... ce serait irresponsable! 

Le moment est crucial, cette exaspération, cette révolte nous les  attendions depuis si longtemps! Chacun doit oeuvrer à ce qu'elles se transforment en révolution!

Le CHAHUT 
- Journal anti- capitaliste, anti- impérialiste et laïque réalisé dans l'Oise (Picardie)
Beauvais
 (Oise), le 03/ 12/ 18

3- PSCHITT!

  • • Les annonces du 1er ministre ont toute chance de faire Pschitt!
    - un moratoire de 6 mois... Bref, attendre que la pression retombe pour refiler les plats! En l'attente, une concertation étouffoir pour endormir les plus opiniâtres mêmes;
    - la transition énergétique, si indispensable et urgente, elle aussi et à nouveau, repousséequand elle devrait être plébiscitée mais pour cela être juste et mieux même un outil primordial de la justice sociale (par exemple taxer les plus riches pour résoudre la question des logements sinistrés, véritables passoires énergétiques...) ;
    - rien sur le pouvoir d'achat, les salaires...
    - et bien- sûr les riches, les plus riches toujours pas et aucunement mis à contribution!
    - Pire même, Edouard Philippe l'avoue à demi- mot: les deux milliards que coûteront ses mesures seront financés par... moins de Services Publics. Justement ce contre quoi luttent une bonne partie des Gilets jaunes et affaiblir les Services Publics, c'est encore pénaliser les plus démunis! Bref, accroître les inégalités sociales! 
    De qui se moquent-ils ?

  • • Les difficultés des Gilets jaunes, voire leur refus absolu, de s'organiser pose véritablement et évidemment un vrai problème qui compromet l'avenir. Pour certains d'entre eux, c'est une véritable dérive individualiste!
    Or, la question démocratique qui se pose à notre société aujourd'hui n'est pas celle de la démocratie en tant que elle mais celle de la désignation de représentants quasi inamovibles, sans contrôle, ni  mandat... faisant comme bon leur semble ou simplement aux ordres de l'exécutif pour défendre non l'intérêt général mais le leur ou celui de leur classe sociale.  
    Les Gilets jaunes de Commercy (Meuse) proposent une issue politique au mouvement et c'est une bonne nouvelle à populariser:comités locaux autonomes, démocratie directe, assemblée générale souveraine, délégués avec mandat précis, révocables à tout moment, rotation des responsabilités. Ils appellent à la fédération des groupes locaux sur ces bases pour éviter la récupération politique, les leaders auto-proclamés,  ou les délégués sans mandat impératif de la base.
    Vous trouverez en pièce jointe le remarquable texte de notre Camarade de Commercy Pierre BANCE.
  • • Illustration:
    Le manque de réflexion et de culture politiques, l'absence d'organisation s'inscrivant dans la durée, les confusions, abandons et trahisons de notre époque... ouvrent malheureusement la voie à de nombreuses dérives. Une illustration, les Gilets jaunes de la Somme viennent de rédiger leurs42 revendications envoyées à l’Assemblée Nationale. C'est bien. La plupart sont progressistes, c'est mieux encore.
    Malheureusementla 20ème exige:  “Que les déboutés du droit d’asile soient reconduits dans leur pays d’origine.” 
    La recherche de boucs- émissaires ne sera jamais une solution et ne peut apporter que le pire! Il faut que les Migrants aidés de leurs soutiens aillent débattre et expliquer aux Gilets jaunes la réalité de leur situation et les conditions réelles de l'exercice du Droit d'asile en France, en Europe...
  • • Les lycéens, les étudiants... vont- ils rejoindre la contestation ? Il est fort possible que oui mais déjà la répression est terrible (matraquages terribles de lycéens, tirs de flash ball dévastateurs, etc..), à tel point que des Services d'ordre de la CGT se mettent au service de la jeunesse pour la protéger!
    Au coeur de ce mouvement, le manque de moyens, la sélection et la précarité (plus d'un étudiant sur deux obligés de travailler!...).
    Et, comble de la provocation, le gouvernement décide seul l'augmentation des frais d'entrée à l'Université(de 170 à 2 770 euros et même 3 770 en master et doctorat! Excusez du peu!)pour les étudiants étrangers non communautaires. La jeunesse africaine sera la première touchée!
    Cette décision brutale et injuste a été annoncée par une communication définissant “une stratégie d'attractivité pour les étudiants internationaux” et intitulée “Bienvenue en France”. Véridique et Inouï: on croit rêver!
    Les étudiants étrangers sont pourtant une richesse humaine, culturelle... incroyablement précieuse pour notre université, notre pays!
    La vérité est plus cynique: Macron veut bien des étudiants étrangers mais uniquement des enfants de riches!

 

 

 

 

Rencarts 25                                  

• Un rendez- vous essentiel à noter, faire connaître et ne pas manquer:

      notre Assemblée générale!

 

Chacun le comprendra, c'est un moment essentiel de notre vie démocratique pour faire le point mais encore 

pour élaborer collectivement des perspectives afin de populariser encore nos idéaux et notre journal!

Elle aura lieu le vendredi 08 février 2019, à 18 heures 00 précises,

à la petite salle (sur le côté à droite en entrant) du Pré Martinet à Beauvais (60) -parking du CineSpace-.

 

 

 




 

 

Les temps troubles et inquiétants que nous connaissons rendent toujours plus urgent et impérieux notre devoir de réfléchir, comprendre, débattre... Tout simplement parce qu'un nouveau monde est à réinventer.
Aussi Le CHAHUT reprendra-t-il son cycle de soirées- débats et, une fois encore, nous allons vous gâter!
En voici le programme pour le premier semestre de 2019 et même si ces dates semblent un peu lointaines, retenez- les, faites- les connaître... Ce serait si dommage de passer à côté!

• Le 1er mars 2019Silvia CAPANEMA P. de ALMEIDA (Maître de Conférences à l'Université Paris 13) nous rejoindra. Le sujet: le Brésil, il va de soi. Et pour vous mettre l'eau à la bouche, sachez que Silva est franco- brésilienne et rentrera tout juste d'un long séjour au Brésil au moment de venir débattre avec nous. Avec elle, nous réfléchirons sur comment en est- on arrivé là dans ce pays mais au- delà en Amérique latine ? Quelles résistances, quelles perspectives, quelles reconstructions dès lors ? Mais encore, de France, quelles solidarités pourrions-nous construire avec les progressistes brésiliens et les victimes potentielles de ce gouvernement d'extrême- droite ?

 Le 26 avril 2019, nous recevrons Véronique RIEU, Professeure de lettres/ histoire dans un Lycée professionnel de l'Oise mais surtout auteure du livre "L'anticléricalisme féministe sous la IIIe République (1875-1914).", ouvrage pour lequel elle a reçu  le Prix de l'Intiative Laïque (attribué entre autres par la MAIF et la MGEN).
Un sujet essentiel au moment où la laïcité est remise en cause, la loi de 1905 par exemple, et où d'incertains osent prétendre qu'il n'existerait pas de lien entre féminisme et laïcité!

 Le 24 mai 2019Eric TOUSSAINT sera parmi nous. Il est le porte- parole du CADTM International (Comité pour l'abolition des dettes illégitimes). Un expert particulièrement reconnu de la question des dettes publiques, des dettes qui permettent de faire passer toutes les pilules et d'enrichir plus encore et comme jamais les plus riches.
La soirée s'articulera en deux temps:
- l'illégitimité de la dette;
- comment résister aux “marchés” ?

Rappelons que toutes ces soirées ont lieu à Beauvais (60), Amphi de l'Espace du Pré Martinet (près de la Gare SNCF, parking du Cinéma CGR, rue Corréus).
A partir de 18 heures, accueil et casse- croûte, chacun peut apporter sa spécialité salée ou sucrée;
18 h 30, début de la conférence suivie d'un débat avec la salle.

Relayez ce message à vos contacts, mobilisez-vous: l'avenir sera ce que nous en ferons!
Rappelons enfin que Le CHAHUT a un besoin urgent d'abonnements et de ré-abonnements, là est notre seule ressource! Et le moyen encore de financer nos soirées- débats qui ont aussi un coût! Là encore, faites connaître notre journal à vos AmiEs, sortez le carnet de chèques!


• Retour sur la Soirée- débat avec Rony BRAUMAN:

Nos rencontres ont pour buts l’échange, la  confrontation amicale de nos convictions et l’approfondissement de nos réflexions. Pas question donc de n’inviter que des intervenants qui “penseraient comme nous”. Ce serait tourner en rond !  Tel était particulièrement le cas avec la venue de Rony Brauman dont l’expérience, la qualité de ses réflexions et l’honnêteté intellectuelle nous avaient convaincus de l’inviter (en collaboration avec le Collectif “Ni guerres, ni état de guerre” ). Le débat fut donc vif mais passionnant ! 

Pour l’essentiel il s’agit de réfléchir à la question cruciale, pour un équilibre sans doute impossible à trouver, de recherche d’un point d’équilibre “juste” entre le refus de l’ingérence et le refus de l’indifférence. Cela est d’autant plus difficile qu’une guerre entraîne inéluctablement une puissante action de propagande. Dit autrement, nous sommes anti- impérialistes mais peut- on pour autant laisser le pouvoir birman massacrer les Rohingas ou se contenter de mesures diplomatiques, voire de boy- cotts, aux effets lents, quand l’urgence est absolue ?

R. Brauman se refuse à être “non interventionniste par principe” et estime certaines guerres “justifiables”. Ainsi fut- il favorable aux interventions au Kosovo, au Mali, en Côte d’Ivoire mais condamne avec une extrême sévérité les guerres d’Irak, de Lybie…

Notons en préalable que la généralisation de ces interventions qui, ne nous y trompons pas, relèvent le plus souvent d’instrumentalisations menées par les puissants est désormais justifiée par un “basculement” de l’ONU depuis qu’elle a retenu en 2005 la notion de “Responsabilité de protéger”. Cette organisation internationale qui avait justement été créée pour prévenir la guerre en venait à la réhabiliter sous le prétexte de protéger des populations.

R. Brauman nous expliqua alors les critères susceptibles, selon lui, de rendre “justifiable” une guerre :

La gravité de la menace doit être incontestable et aux conséquences dramatiques, de fait il doit s’agir d’éviter un crime de masse;

tous les moyens ont dû être entrepris pour tenter d’éviter cette intervention qui doit être un dernier recours après la diplomatie, les sanctions… Sa violence ne doit pas alors excéder les exactions dénoncées ;

son objectif doit être clairement défini et “atteignable” avec une chance raisonnable de succès, par exemple éviter donc un crime de masse.  Elle doit viser à être brève, limitée et laisser à son issue une situation meilleure ou a minima “moins pire”.

Pour sa part, Le CHAHUT a insisté sur le devoir absolu qui le nôtre de lutter en amont contre les causes des conflits car lorsque la guerre est là, sans doute est- il déjà trop tard. Elle entraîne inéluctablement le chaos, “l’ensauvagement” et le plus souvent des réactions en chaîne quasi incontrôlables. Pour cela nous avons dénoncé:

les ventes d’armes qui transforment de plus en plus le monde en une poudrière ;

Les inégalités abysalles et se creusant de plus en plus qui ne peuvent plus être supportées désormais et engendrent tant de désordres, de rancunes, de ressentiments, de haines…

Les complaisances, voire les complicités et les soutiens, avec les régimes dictatoriaux ;

Cette idéologie appartenant définitivement à une époque révolue qui autoriserait l’Occident à dicter sa loi au monde. A ce sujet, les bombardements même prétendument “ciblés” ou “chirurgicaux” ne sont pas une solution mais une partie du problème ;

Enfin, le “deux poids/ deux mesures” qui fait fermer les yeux, par exemple, sur les crimes d’israël, de l’Arabie Saoudite au Yémen…, et rend ainsi inaudible toute action diplomatique.

Bref et en quelque sorte agir avant la guerre ! Pour un monde à réinventer !

• Conférence de Francis Arzalier le 29 avril  2016 à Beauvais :

              « La notion de nation et les guerres de l'Occident »

    Près d'une cinquantaine de participants, à l'initiative du journal « Le Chahut », des Amis du Monde Diplomatique et du Collectif « Ni guerres, ni état de guerre » , s'étaient déplacés pour écouter Francis Arzalier, docteur en Histoire et spécialiste des relations coloniales, qui venait présenter son livre : « Les nations nécessaires et leurs pathologies nationalistes ». La soirée a été passionnante : après deux heures et demie de discussions, les participants posaient encore des questions et ne voulaient pas quitter la salle qu'il fallait pourtant rendre.