Au moment où vont se tenir les cérémonies du Centenaire de la fin de la première guerre mondiale et qu’Emmanuel Macron, président de la république refait l’histoire, il est nécessaire de rappeler certains faits. 

D'abord le bilan terrible : 18,6 millions de morts (9.7 millions de militaires tués, 8.9 millions de victimes civiles tuées et 21 millions de blessés pour une vingtaine de pays engagés) 

Pour la France, 1.397.800 soldats et 300.000 civils ont péri et 4.266.000 blessés. 

Parmi toutes ces victimes, aucun des Maréchaux que le président Macron s'apprête à honorer, tentant lamentablement au passage de redorer l'image de l'infâme Pétain qui organisa la terrible répression des mutineries et en 1940 livra la France à Hitler. 

C'est la classe ouvrière, la paysannerie qui servit essentiellement de chair à canon pour ce règlement de compte monstrueux entre capitalistes ; 

Anatole FRANCE écrivait fort justement « On croit mourir pour la Patrie, on meurt pour des industriels ». 

Pour rendre l'hommage qu'ils et elles méritent, l’Union départementale CGT des Bouches du Rhône appelle les organisations de la CGT, leurs militants et les travailleurs à participer aux Cérémonies commémoratives, pour rétablir la vérité sur cette terrible boucherie que fut ce premier conflit mondial et clamer haut et fort " NON A LA GUERRE ». 

Marseille, le 8 novembre 2018 

 

Philippe                                                                                      

A M. Le Maire d’Azé.

C'est en qualité de petit fils de M. François J. inhumé au cimetière d’Azé et ancien combattant de la

guerre 14/18 que je m'adresse à vous.

En passant cet été au cimetière d'Azé, accompagné de ma mère, fille de

François, nous avons découvert votre appel à se faire connaître.

En tout état de cause, j'aurais aimé avec votre accord, dire ces quelques mots:

En ce centenaire de la fin de la guerre il est impérieux de célébrer la mémoire de ces

combattants, et en ce qui me concerne la mémoire de mon grand-père, grand père que j'ai

connu.

Au début 1917, au sein du 227ème régiment d'infanterie il montait en première ligne sur

le front de Verdun, dont la sanglante bataille du Chemin des Dames lors de laquelle

270.000 Français sont morts en 24 jours.

Mon grand-père est revenu de cette guerre, presque neuf millions de combattants des

deux camps n'ont pas eu cette chance!

Ces hommes issus bien souvent de conditions sociales modestes n'ont pas eu le choix: il

fallait combattre au nom des couleurs.

Mon oncle M. Paul J., fils de François, a recueilli ces mots suivants auprès de son

père:

"François Jambu a dit avoir fait un parapet avec des soldats morts au moment de

l'invasion allemande en Belgique ; a dit aussi avoir vu des soldats français fusillés devant

les troupes sur un plateau."

Il est bien évident que mon grand-père fait référence au plateau de Craonne et aux

mutins de 1917 fusillés pour l'exemple. La chanson de Craonne en témoigne. Ces mutins du

Chemin des Dames refusent de continuer à servir de "chair à canon" et manifestent leur

exaspération face à des offensives meurtrières, provoquant des sacrifices inutiles. Des

exécutions ont également eu lieu dans l'armée allemande. Cent ans après cet évènement

dramatique, ces fusillés n'ont toujours pas été réhabilités. Ils doivent réintégrer

aujourd'hui pleinement notre mémoire collective nationale.

Que ces commémorations délivrent un message de paix vers les générations futures.

Avec mes remerciements, je vous prie M. Le Maire de faire lire ma lettre lors de la

cérémonie, ceci en la mémoire de mon grand-père.

Recevez M. Le Maire l'expression de mes respectueuses salutations.

Ph. C.

Au nom du protocole, cette lettre n'a finalement pas été lue !!!

APPEL À LA RAISON

Contre l’antisémitisme, avec détermination et sang froid

DOMINIQUE VIDAL

Je partage avec les signataires du Manifeste des 300 une seule conviction : la lutte contre l’antisémitisme constitue un impératif moral et politique majeur, dans une société encore rongée par toutes les formes de racisme. Il en va de l’avenir de la démocratie et donc de la République. Mais je ne suis d’accord, ni avec leur analyse du phénomène, ni avec leur démarche pour le combattre.

Et pour cause : ils ignorent complètement les indications que nous donne, depuis des années, la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), avec laquelle, je le rappelle, les institutions et organismes communautaires juifs collaborent pourtant étroitement. Le « Rapport sur la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie », que la Commission publie chaque année, met à la fois à notre disposition un état de l’opinion et une évaluation des violences perpétrées.

Quelles leçons se dégagent du travail des sondeurs, des sociologues et du ministère de l’Intérieur ? 

La destruction violente des communs de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes par le

gouvernement français est un acte infâme et révoltant. L’actuelle offensive policière, menée

par plusieurs milliers de gendarmes et de CRS, avec engins blindés et hélicoptères n’est que

l’exercice de la violence étatique la plus pure contre un ensemble de pratiques collectives en

cours ou en gestation, dont les fragiles conditions matérielles (bâtiments, lieux de réunion,

outils de travail, troupeaux) sont anéanties par les bulldozers et les escouades policières.

Dès la première journée d’assaut contre la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, la destruction

de la ferme des « cents noms » constituait une véritable déclaration de guerre sociale et

politique. La destruction de ce lieu ne s’imposait nullement au regard des critères invoqués

par le gouvernement dans sa « communication ». Nicole Klein, préfète des pays de Loire,

justifie l’opération policière en prétendant que les « cents noms » n’avaient pas déposé de

projet agricole. Ce qui est de toute évidence faux : les habitants de cette ferme étaient porteurs

d’un projet agricole alternatif et certains d’entre eux avaient déposé une demande de

régularisation.


Il y a exactement 70 ans, c’était la Nakba, le nettoyage ethnique, l’expulsion programmée et réalisée par la violence de la majorité du peuple palestinien de sa terre, la transformation de ce peuple en peuple de réfugiés.

Depuis, on a promené les Palestiniens avec un pseudo « processus de paix » qui a essentiellement servi à permettre aux gouvernements israéliens successifs d’accélérer le rouleau compresseur colonial, d’exiger de l’occupé qu’il assure la sécurité de l’occupant et de fragmenter un peu plus la Palestine. Les dirigeants sionistes ont toujours rêvé de transformer les Palestiniens en Amérindiens du Proche-Orient, enfermés dans leurs réserves.
 
Les Palestiniens ne demandent pas la lune : ils aspirent à la liberté (fin de l’occupation, de la colonisation et du blocus de Gaza, destruction du mur, libération des prisonniers), à l’égalité des droits et à la justice : le droit au retour des réfugiés et de leurs descendants chez eux.
Le crime fondateur de cette guerre, c’est la Nakba. Le droit au retour des réfugiés est logiquement devenu la revendication emblématique.
 
Gaza est une prison à ciel fermé, bouclée par terre, par mer et par mer. 65% de la population a moins de 25 ans et n’est jamais sorti de cette cage de 40 Km sur 10.
Je suis juif. Mon père a été déporté et ma famille maternelle exterminée. Gaza n’est pas un camp d’extermination, mais c’est incontestablement un camp de concentration. L’occupant tire impunément sur une population désarmée qui s’approche des grilles de ce camp. N’écoutez pas les balivernes sur le Hamas qui manipulerait Gaza : c’est toute la société civile qui manifeste son refus d’être en cage et son aspiration au retour.
 
Il y a 70 ans, les sionistes proclamaient la création d'un État juif dont tous les textes, dès le départ, ont été discriminatoires contre les non-juifs : discrimination au travail, au logement et à la possession de la terre pour la petite minorité qui a échappé à l’expulsion. Et pour les expulsés, confiscation de la terre, destruction de plusieurs centaines de villages palestiniens dont les traces ont été effacées et violation flagrante de la résolution 194 de l’ONU sur le retour de ces réfugiés. Dès sa fondation, Israël s’est comporté en Etat voyou impuni.
 
70 ans plus tard, il était logique qu’Israël ait un gouvernement fascisant du même type que ce que la France aurait eu si l’OAS avait gagné la guerre d’Algérie. Les mots qui caractérisent Israël sont racisme et apartheid. Les criminels Nétanyahou, Lieberman, Bennet, Shaked se croient invulnérables parce qu’un soudard, Donald Trump, est au pouvoir à Washington et a transféré son ambassade à Jérusalem.
Ces criminels ont annoncé qu’ils allaient faire un bain de sang à Gaza et ils l’ont fait : 59 morts hier, près de 150 depuis le 30 mars. Ils ont tiré sans vergogne sur des manifestants désarmés. L’utilisation systématique d’armes terribles transforme les blessés qui ont survécu en estropiés à vie.
 
Ils croient que le rapport de force leur permet tout. Nous allons leur montrer le contraire. Avec la rage et la colère contre ces criminels impunis, nous allons plus que jamais soutenir le peuple palestinien parce que ce qui se joue là-bas, c’est l’avenir de l’humanité. L’État d’Israël est devenu un laboratoire de l’enfermement et de la surveillance des populations jugées dangereuses. 
 
Des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité viennent d’être commis. Ils étaient annoncés à l’avance et aucun grand de ce monde n’a essayé de les empêcher. La communauté internationale accepte qu'il n'y ait pas d'enquête indépendante. Nous exigerons sans relâche que les responsables de ces crimes soient jugés et condamnés. Nous allons généraliser le BDS (boycott, désinvestissement, sanctions) contre l’État d’Israël tant qu’il ne se conformera pas au droit international.
 
Nous allons porter notre effort contre les complices du crime en cours : les différents gouvernements français appuient le gouvernement israélien, coopèrent avec lui y compris sur le plan militaire, et essaient de criminaliser le BDS. C’est à nous, société civile, de les obliger à cesser cette complicité et à sanctionner Israël. 
 
Nous devons aussi dénoncer les alliés de Nétanyahou. Trump bien sûr qui met le feu à la planète mais aussi les dirigeants de pays arabes (Arabie Saoudite, Égypte) dont le comportement est un coup de poignard dans le dos des Palestiniens.
 
Parce que je suis juif, je terminerai en m’adressant aux Juifs de France : vous craignez une montée de l’antisémitisme ? Rompez clairement avec une politique israélienne qui n’est pas seulement criminelle contre les Palestiniens. Elle nous met sciemment en danger et est suicidaire. Renouez avec la longue tradition juive qui a considéré  que la lutte pour notre émancipation passait par l’émancipation de toute l’humanité. Il n’y a pas d’alternative au « vivre ensemble dans l’égalité des droits »
Pierre STAMBUL, Union Juive Française pour la Paix
le 15 mai 2018
 

A noter encore: Le livre « La Nakba ne sera jamais légitime » de Pierre Stambul, éditions Acratie

185 pages, 14 eurosVient de sortir.

Il sera disponible en librairie début juillet. Mais on peut déjà le commander et le recevoir par la poste.

Chèque de 12 euros (port compris) à l’ordre d’Acratie. Indiquer clairement son adresse.

AcratieL’Essart86310, La Bussière.

Pour les achats groupés, écrire à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.